Piratage : avec des versions non officielles, on fait moins la fine bouche

Lettres numériques - 24.05.2013

Lecture numérique - Législation - piratage - téléchargement - livres numériques


La question du piratage est permanente dans les industries culturelles : comment parvenir à lutter contre cette contrefaçon, et faut-il simplement le faire ? Les politiques commerciales et tarifaires sont-elles les solutions les plus évidentes ? Mis en exergue par le rapport de la mission Lescure, ce point est fondamental, mais encore faut-il comprendre les raisons qui poussent les internautes à se lancer dans le piratage.

 

Avec Lettres numériques 

 

 

 

 

 

 

Poursuivons notre thématique consacrée à l'offre illégale d'ebooks avec le témoignage d'un lecteur numérique. Hadrien a 25 ans, est diplômé universitaire et il travaille maintenant depuis 3 ans. Il y a un an, il a reçu en cadeau sa première liseuse, une Kobo. Depuis lors, il lit désormais ses ebooks sur une Sony mais n'a jamais acheté de livres numériques. Il nous explique pourquoi.

 

Tout a commencé lorsque j'ai reçu une Kobo pour mon anniversaire. J'ai directement accroché. Étant un fan d'heroic fantasy, j'ai très vite délaissé mes lourds et volumineux tomes au profit d'un écran qui ne fatiguait pas les yeux.

 

Comment avez-vous commencé à télécharger des versions illégales d'ebook ?

Avec ma liseuse, je me suis connecté sur le store de Kobo depuis mon appareil, j'y ai trouvé beaucoup de livres en anglais, mais les versions francophones que je cherchais n'étaient pas disponibles. Le fait que je n'avais pas de carte de crédit à mon nom a fini de me dissuader d'acheter un ebook sur le site.

Habitué à télécharger des films et des séries sur des sites de torrent, j'ai fait de même pour mes ebooks en commençant par un package de 2100 epubs disponible sur un site. Celui-ci contenait de tout, de la chick lit au fantastique en passant par des grands classiques de la littérature. J'ai fait une sélection parmi ces titres, mais j'ai découvert de nouveaux livres et de nouveaux auteurs que je n'aurai jamais achetés en version papier.

 

 

 

 

Avez-vous abandonné les livres papier pour autant ?

Non, je suis un grand lecteur, je lis à peu près 2 livres par mois. Je lis des livres physiques chez moi tandis que j'occupe mes 40 minutes de trajet quotidien avec ma liseuse. Je précise que si je télécharge régulièrement des ebooks de manière illégale, j'achète les exemplaires papier des livres que j'ai beaucoup appréciés en numérique. De cette manière, j'en acquiers la propriété. Je fais pareil avec les films et la musique. Quand ça me plaît, j'achète les CD, les DVD ou les Blu-ray par la suite.

 

 

Qu'en est-il de la qualité des ebooks que vous téléchargez ?

C'est toujours une surprise. Il peut s'agir d'ePub ou de PDF. J'ai déjà été confronté à des ebooks dont la qualité était vraiment mauvaise. Ils y avaient beaucoup de fautes de frappe, sûrement dues à une mauvaise reconnaissance des caractères. La mise en page laisse parfois à désirer. Mais forcément, lorsqu'on télécharge des versions non officielles, on est moins exigeant avec la qualité.

 

 

Les prix des ebooks vous dissuadent-ils d'en acheter ?

Le prix n'est pas la première raison qui m'empêche d'acheter des ebooks, c'est surtout l'absence de carte de crédit. Pour acheter un livre numérique, je serais prêt à dépenser 5 ou 6 € voire 10 ou 12 € pour une nouveauté. Cela me paraît raisonnable. 15 € me paraît être la limite et l'optimum 10 €. Si le livre est sorti depuis longtemps, son prix devrait être baissé. Selon moi, comme le livre est dématérialisé, cela me paraît raisonnable. Il doit en tout cas être moins cher qu'un livre papier, car le coût de création est moindre étant donné que l'on part d'un manuscrit déjà numérique.

 

 

L'objectif de cet article n'est évidemment en aucun cas de promouvoir le téléchargement illégal, mais bien d'exposer, à partir d'un cas concret assez représentatif, les arguments d'un certain type de lecteurs. Ces arguments, tentant de justifier le recours au téléchargement illégal, diffèrent de ceux, poursuivant le même but mais plus communs, qui renvoient à un coût jugé excessif des livres numériques. Il s'agit ici plutôt d'une barrière technique liée à l'acte d'achat.

 

Nous rappelons que le téléchargement illégal porte préjudice aux droits d'auteur. Nous consacrerons un article la semaine prochaine au cadre légal qui protège ceux-ci.




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