Piratage de livres : tous les pointeurs dans le rouge

Clément Solym - 07.10.2010

Lecture numérique - Acteurs numériques - ebook - piratage - augmentation


Voilà qui va permettre d'abonder dans le sens du premier lecteur de France, qui récemment faisait une intervention dans un collège pour promouvoir l'Hadopi auprès des plus jeunes.

Redoutant en effet que le piratage ne détruise cinéma, disque et livre, le président, qui s'est forgé une réputation avec la Princesse de Clèves, va pouvoir prendre connaissance d'une étude intéressante sur l'augmentation supposée du piratage de livres, justement...

L'arrivée de l'iPad avait fait redouter une recrudescence du piratage d'ebooks. Fait à l'époque non-avéré, mais remis en question dans une dernière étude dont fait cas CNet.


Avant toute chose, il faut noter que la société à l'origine de ces informations n'est autre qu'Attributor, spécialement dédiée à la surveillance des réseaux, pour le compte d'éditeurs tétanisés, et plus particulièrement Hachette US, qui avait signé un contrat pour profiter de ces services. L'éditeur ne sera pas déçu, selon les chiffres, il a toutes les raisons de paniquer.

  • Les recherches de contenus piratés ont augmenté de 50 % au fil de l'année
  • on enregistre entre 1,5 et 3 millions de requêtes sur Google, avec les termes "pirated e-books"
  • la demande en contenus piratés a augmenté de 20 % depuis la sortie plus globale de l'iPad, mi-mai
  • depuis août 2009, la demande d'ebooks piratés a crû de 54 %
  • on constate de plus en plus de petits sites de liens renvoyant vers le téléchargement de livres piratés
  • Breaking Dawn (publié par Hachete, décidément, là, c'est pas de chance... le best-seller aurait aussi du succès auprès des pirates), est parmi les titres les plus piratés
  • au niveau mondial, la demande en ebooks est en hausse de 11 % aux USA, 11 % en Inde et 5 % au Mexique.

Ça fait froid dans le dos, non ? Si, très. Mais l'iPad n'y est pas forcément pour grand-chose : il faudrait en effet déterminer si les fichiers récupérés sont au format PDF ou ePub, ce qui permettrait de pouvoir envisager aussi que les lecteurs ebook et leur démocratisation ne sont pas étrangers au phénomène. Voire même des ebooks au format Kindle, mais craqués, allons-y gaiement.

En outre, comment mieux justifier de son utilité qu'en signalant à ses clients qu'ils ont raison de s'inquiéter pour leurs oeuvres ? Parce qu'avec Hachette, Atributor dispose aussi de Macmillan et Kensington Publishing Corp dans son portefeuille de clients.

Et puis, Attributor avoue avoir largement utilisé Google, voire exclusivement, pour établir les données suivantes. En somme, l'analyse ne vaut que si l'on accorde un certain crédit au moteur de recherche.

 

Enfin, chose amusante, une personne sur cinq qui aurait eu la possibilité d'aller sur Amazon pour acheter le livre objet de la recherche, s'y est rendu. Mais n'a pas forcément concrétisé son achat. Quant Attributor annonce donc que les campagnes de sensibilisation ont un sens et un impact, on peut rire sous cape.

L'ensemble de l'étude est disponible sur leur site.