Piratage : Google Play pas vraiment inquiété par la contrefaçon

Antoine Oury - 19.05.2015

Lecture numérique - Acteurs numériques - Google Play Books - piratage - contrefaçon oeuvres


Depuis quelques semaines, les alertes se multiplient : des dizaines de livres numériques vendus comme des vrais, dans la librairie de Google, Google Play Books, ne seraient que des vulgaires contrefaçons. Le tout commercialisé par des utilisateurs dissimulés sous des pseudos plus ou moins crédibles. Malgré les différentes demandes de retrait, le vendeur ne touchera aux titres incriminés qu'après une plainte en bonne et due forme.

 


[259/365] Pirates

À la conquête du monde ? (Pascal, CC0 1.0)

 

 

Différents médias anglophones avaient repéré des livres numériques suspects dans la boutique de Google, mis en ligne par des utilisateurs individuels, et non par les maisons d'édition. Évidemment, les contrefaçons — souvent des fichiers récupérés et simplement remis en ligne — sont vendues moins cher que les originaux, afin d'attirer le chaland.

 

La présence de ces contrefaçons est d'autant plus agaçante que Google dispose probablement d'un outil de comparaison et de reconnaissance des textes, a priori similaire à l'outil de YouTube pour la musique, qui permettrait d'interdire la mise en ligne des contrefaçons. Mais la firme a informé les intéressés qu'elle ne retirerait les ouvrages en questions qu'après une plainte déposée en bonne et due forme.

 

L'obligation de passer par une plainte DMCA pour convaincre Google est néanmoins compréhensible : même si le service de vidéo YouTube a pu parvenir à des accords avec les ayants droit, Google est un défenseur de la non-responsabilité de l'hébergeur en cas d'infraction. Et exige des preuves tangibles en cas de demande de retrait.

 

Sauf qu'un éditeur néerlandais, Nieuw Amsterdam, est parvenu à obtenir une réponse à propos d'un livre de sa maison, vendu illégalement par un quidam. Un responsable de Google Books lui explique de contacter l'éditeur, ou bien de déposer plainte... 

 

L'association des éditeurs néerlandais, la NUV, pourrait bien déposer une plainte à l'encontre de la boutique, en soutien à l'éditeur éconduit. Et la réponse de Google convaincra un peu plus les éditeurs et les ayants droit de la nécessaire réouverture de la directive commerce électronique, adoptée en 2000, qui excluait les hébergeurs de toute responsabilité pour les contenus illégaux hébergés par leur plateforme...