Piratage : l'écrivain n'a aucune autre source de revenus

Clément Solym - 18.04.2011

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Inquiets de ce que le monde de la musique et du cinéma ont pu subir avec le piratage des oeuvres qui s'intensifie, les auteurs se sentent déjà pris à la gorge. Avec un coût de plusieurs millions de livres pour l'industrie du livre, la contrefaçon menace également de milliers d'écrivains.

Déjà, plusieurs textes, comme ceux de Jeffrey Archer ou Wilbur Smith, se sont retrouvés sur la toile, avant même la date de sortie officielle. La Publishers Association a fait parvenir 32.000 avertissements durant l'année 2010, aux contrefacteurs, mais le problème va croissant, estime-t-on.

Vivre de son art

Dans une Angleterre où les ventes d'ebooks atteignent 5 % du chiffre d'affaires, contre 13 % aux États-Unis, Ian Rankin considère que ces questions vont devenir cruciales à l'avenir.

C'est que, pour les musiciens, il existe d'autres sources de revenus que les ventes de livre : concerts et festivals permettent de faire de l'argent. « Lorsqu'un romancier joue en live, en allant dans une librairie pour donner une lecture, il n'est pas payé. L'argent que nous gagnons vient de ce que nous écrivons, et si les gens le piratent, nous perdons tout », pointe Rankin. (via Herald Scotland)

Le piratage, un crime sans victime ? Impossible, ajoute Joanne Harris, auteure de Chocolat. « Les pirates mettent sans doute les écrivains en dehors de ce business, ce qui est terriblement triste. » Mieux : certains fans n'hésitent plus à venir à sa rencontre pour lui demander où et comment télécharger gratuitement ses livres.

L'impact à venir

Car, même pour un auteur de best-seller, les droits versés ne font pas non plus vivre éternellement. Le piratage finira par avoir un réel impact sur tout cela. Et l'on mesure bien ces craintes, en découvrant que Random House emploie désormais 10 personnes pour la recherche et la traque sur internet. Ian Hudson, directeur général adjoint de la maison : « Voilà trois ans, nous ne dépensions rien dans la lutte contre le piratage. Désormais, nous dépensons des dizaines de milliers de livres. »

Le mot de la fin pour Amanda Craig : « Tout le monde aime recevoir quelque chose gratuitement, mais les gens doivent être payés pour leur travail, sinon, ils ne pourront pas se permettre de continuer. »