Pirate de livres numériques ? Tout une vocation à découvrir

Clément Solym - 18.10.2011

Lecture numérique - Usages - piratage - livres numériques - edition


Le piratage de livres numériques aura été une question très débattue à l'occasion de la Foire du livre de Francfort qui s'est achevée dimanche dernier. Les représentants de la librairie et de l'édition en Allemagne appellent le gouvernement à se bouger le train pour aider à lutter contre ce fléau, bien que pour l'heure encore limité. En effet, 60 % des livres téléchargés l'an passé en Allemagne auraient été piratés.


Cependant, la question de ce piratage se pose. Dans un sondage actuellement en cours, il apparaît que 10 % des 283 répondants piratent en France, et que 24 % achètent, téléchargent des oeuvres libres de droit et piratent. Mais les chiffres sont susceptibles d'évoluer. (voir aussi notre actualitté

 

 

De quoi inquiéter Richard Mollet, directeur général de la Publishers Association ? Ce dernier a récemment expliqué que la musique avait subi plus fortement le piratage que le livre.

 

Trois bonnes (?) raison d'être un pirate

 

Probablement pas très heureuse, la déclaration montre que l'industrie se pense encore à l'abri, ou que pour l'heure, elle n'est pas confrontée à de vastes réseaux de partage, mettant tous types de fichiers à disposition. Et qu'elle peut continuer de tenir sa barque comme c'est actuellement le cas.

 

Mollet ajoute toutefois que, selon lui, trois raisons expliquent le piratage :

  • que le consommateur se croit libre de pouvoir le faire,
  • parce qu'il peut tout simplement le faire,
  • parce qu'il est mineur

Dans tous les cas, ces explications ne tiennent pas une seconde la route. Rejoignant Futurebook sur le sujet, il faudrait plutôt envisager le piratage comme une solution de refuge d'abord contre les DRM. Ensuite, parce que l'on peut y puiser un plus large panel de titres, ensuite parce que c'est gratuit, et que l'achat de livres, même numériques - outre-Atlantique comme outre-Manche - reste un investissement qui peut être coûteux, alors inutile de dire ce qu'il en est en France.

 

Et d'autres de le rester ?

 

Les DRM, que Futurebook n'évoque pas, sont pourtant au coeur du problème, ainsi que l'a montré une récente étude. En effet, nombre d'utilisateurs, rebutés par des fichiers inutilisables, parce que truffés de ces verrous, opteraient pour le téléchargement pirate, qui les laisse plus maîtres de leur ebook. (voir notre actualitté

 

Dans le domaine universitaire, le coût des livres est particulièrement élevé, expliquant de ce fait le recours au téléchargement illégal. Et la présence de site comme Library Pirate, qui incite même les étudiants à pirater et proposer leurs propres scans de livres scolaires. Ce dernier a même créé une application simplifiant la numérisation d'un livre, directement avec un smartphone ! (voir notre actualitté)

 

Reste alors la situation néerlandaise examinée. Si l'offre est encore très faible, pointe le rédacteur, les gens désireux d'accéder à une offre numérique sont de plus en plus nombreux. Et en l'absence d'une offre numérique bien verrouillée, dans un écosystème tourné sur lui-même - type Amazon avec son Kindle Store - la difficulté est encore plus grande que de se constituer une bibliothèque.

Finalement, c'est la simplicité d'usage d'Amazon qui fera force de loi, avec un achat en un clic et une procédure des plus simples.

 

Il faut alors se résoudre à conclure que l'argent dépensé dans la recherche anti-piratage, par les éditeurs, serait loin d'être le meilleur des investissements ?