Pirater des livres sur internet coûte 315 millions $ aux éditeurs américains

Nicolas Gary - 15.03.2017

Lecture numérique - Législation - pirater livres internet - coût éditeurs piratage - ebook pirate internet


Spécialisée dans la surveillance du partage illégal de fichiers, la société Digimarc présentera ce jour à la Foire du livre de Londres une étude intrigante. L’entreprise affirme avoir pu quantifier l’impact du piratage de livres pour les éditeurs américains : 315 millions $ annuellement.

 

 

 

On peut toujours prendre le sujet avec prudence : une société qui vend des prestations de surveillance du net, pour lutter contre le piratage, a évidemment intérêt à justifier de son intérêt. Mais une fois cela admis, les chiffres communiqués sont intéressants. Passons très vite sur l’idée trop facilement véhiculée qu’un livre piraté représente une vente perdue, et regardons plus près.

 

Selon l’étude, 70 % des téléchargeurs de livres sont diplômés – voire ont un niveau d’étude universitaire. Ils ont entre 30 et 44 ans, avec des revenus annuels, au sein du foyer, entre 60 et 90.000 $. Toutefois, la majorité des pirates a entre 18 et 34 ans.

 

Leurs sources d’approvisionnement sont les messageries instantanées (comme celle, si commode, de Facebook), les sites torrent comme 4Shared.com, qui serait le plus populaire et utilisé à ce jour un utilisateur sur 2.

 

31 % passent par des plateformes

31 % par des sites de téléchargement direct

30 % par des messageries

27 % sur des sites de reventes

27 % par des réseaux d’amis/proches

 

Alors bien entendu, le montant avancé de 315 millions $ est avant tout une estimation, qui repose notamment sur le fait que les consommateurs sont aussi en mesure d’acheter des ebooks légalement. L’un dans l’autre, donc, les pirates sont aussi des consommateurs très classiques.

 

Le piratage représente avant tout, pour eux, une solution d’efficacité : en terme de temps, il est aussi rapide de demander à un ami sur messagerie de refiler un ebook contrefait que de l’acheter sur une plateforme légale.

 

58 % ds répondants assurent d’ailleurs que le téléchargement depuis des sites torrent est facile – ce qui justifie leur pratique. Et 38 % assurent qu’ils passent par cet outil parce que l’ouvrage qu’ils cherchent n’existe pas chez un revendeur traditionnel.

 

Autre point, les téléchargements ciblent majoritairement la fiction, 58 % des piratages, puis le domaine professionnel, 47 % et enfin les ouvrages universitaires, 36 %. En revanche, 21 % des pirates téléchargent quotidiennement, contre 31 % chaque semaine et 17 % mensuellement.

 

Comment arriver alors au montant de 315 millions $ ? Par une projection qui part du fait que 75 millions d’acheteurs de livres numériques sont observés chaque année. Avec 30 % de l’échantillon examiné affirmant avoir acheté un ebook au cours de l’année passée, on ajoute que 22 % d’entre eux ont téléchargement illégalement un ebook. Le tout avec un montant estimé de 9,98 $ par ebook...

 

Comment le piratage parvient à augmenter les ventes de certains mangas 

 

Devon Weston, directeur du développement chez Digimarc, souligne que le défi pour les éditeurs est constant. « Nos nouvelles données Nielsen montrent clairement que les pirates ne correspondent pas à un profil criminel typique : ils accèdent au contenu numérique depuis un vaste monde de plateformes sociales, de portails de partage de fichier, sur internet. Notre objectif est de décortiquer le problème pour les éditeurs et les aider à développer une stratégie de prévention efficace. »

 

L’étude est à trouver en intégralité ci-dessous.