Plainte contre Apple et Baidu : les écrivains chinois attaquent

Clément Solym - 23.11.2011

Lecture numérique - Législation - piratage - Baidu - Apple


Le moteur de recherche chinois Baidu et la société américaine Apple mise dans le même sac, et accusés de tolérer le piratage d'oeuvres culturelles, ça n'a rien d'amusant.


Alors qu'en cinq ans, les clients chinois de livres numériques ont presque triplé, avec plus de 121 millions de consommauters, l'organisation chinoise pour les droits des auteurs estime que les deux sociétés négligent la protection des écrivains et les privent par conséquent de revenus.

 

Fin septembre, le groupe a déposé une plainte, contre Apple, pour contrefaçon auprès du tribunal de Pékin, exigeant le retrait de livres piratés et 6,5 millions de yuan de réparations. Or, début septembre, la même plainte avait été déposée contre Baidu, réclamant que les titres contrefaits et présents dans la librairie du moteur chinois soient supprimés. Et évidemment que les auteurs perçoivent une indemnisation.

 

Cool Metal PiratesConformément à la politique d'Apple, en cas de litige juridique, on ne fait pas de commentaires. Cependant, on sait toutefois que ce sont 23 oeuvres, écrites par six auteurs qui sont en jeu. Elles sont illégalement vendues via l'App Store.

 

Bei Zhicheng, porte-parole de cette organisation, explique que les livres numériques rapportent gros à Apple, qui perçoit 30 % des ventes. Alors, en Chine, le marché qui s'étend devient particulièrement lucratif. Mais il en est de même pour Baidu - qui faisait face à une plainte commune déposée par 50 auteurs, cette fois.

 

Les autorités chinoises semblent d'ailleurs apporter un certain soutien à ces démarches : l'administration chargée du droit d'auteur avait promis, suite à une réunion en octobre dernier, de redoubler d'efforts pour promouvoir la culture chinoise internationalement. À ce titre, un accord avec Amazon avait été passé pour commercialiser des oeuvres précises.

 

Suite à ce coup de pression, Baidu avait accentué sa surveillance. Et si le piratage reste un enjeu problématique en Chine, à plus vaste échelle que la création littéraire, Bei considère à juste titre que les créateurs ne pourront pas survivre si on les prive de leur travail, tout en enrichissant des multinationales.

 

Même Haruki Murakami avait été victime de cette contrefaçon, avec une version de 1Q84 pirate, disponible en vente innocente sur l'iBookstore d'Apple.

 

« La Chine est confrontée à une pénurie de ressources, dans laquelle les livres numériques, qui ne nécessitent pas de papier, sont susceptibles de se généraliser, à commencer par le domaine des manuels scolaires », explique Chen Gong, chercher du groupe Anbound. Sachant qu'en même temps, le nombre d'internautes dans le pays va croissant d'année en année, le marché du livre numérique ne peut que profiter de cet engouement.