medias

Portail Protection Livres : la réponse de l'édition française au piratage

Nicolas Gary - 05.08.2013

Lecture numérique - Législation - contrefaçon - syndicat des éditeurs - portail


La lutte contre le piratage de livres numériques est concomitante du « développement croissant de sites et réseaux diffusant des contenus illicites », assure la Sofia dans sa lettre d'information du mois de juillet. Dans ce contexte, le Syndicat national de l'édition avait expliqué en mars dernier qu'un portail serait prochainement mis en place : PortailProtectionLivres

 

 

 

 

« Cette solution est déjà adoptée par de nombreux éditeurs au Royaume-Uni. Son coût, basé sur le chiffre d'affaires, est favorable aux petites maisons », expliquait le SNE. Avant de passer en revue l'outil, signalons que l'autre pan de la protection de fichiers passera également par « une solution automatisée de notification en vue du retrait des contenus illicites ». C'est à Hologram Industries, et son outil Right-Tracks que les éditeurs pourront recourir pour protéger leurs oeuvres. 

 

Il ne s'agit là que d'oeuvres en téléchargement direct, explique la Sofia : l'outil « permet d'identifier et de demander automatiquement aux sites concernés le retrait des livres diffusés illégalement sur internet ». Le tout repose sur la théraographie, une empreinte numérique reniflée par le traceur, à partir de certaines caractéristiques référentes du livre. Elle intervient sur quatre points

 

- surveille les techniques utilisées par les pirates et les sites de partage français,

- calcule les empreintes des livres, les intègre au logiciel de surveillance, détecte la présence de « suspects » ;

- envoie des notifications automatiques à l'auteur et à l'hébergeur du site, jusqu'à la suppression des contenus illégaux, voire jusqu'au retrait du lien des résultats de moteurs de recherche ;

- envoie aux membres du SNE des rapports en continu via une interface sécurisée pour chaque membre.

 

Les éditeurs qui désireront se lancer dans cette approche pourront profiter d'une aide de la Sofia, pour une année de souscription, avec le remboursement de 50 % des sommes engagées. Néanmoins, la somme allouée concernera un nombre de titres limités. Et de garantir qu'avec la méthode présentée, le retrait des sites se fait « rapidement », que l'automatisation allège la charge de travail, et que des outils statistiques permettent de mieux mesurer l'efficacité. 

 

Du côté du portail, il faudra remercier le syndicat britannique des éditeurs, puisque c'est lui qui a développé et traduit la plateforme. On y retrouve un moteur de recherche permettant « de trouver les contenus illicites et d'adresser des notifications pour demander le retrait des livres visés ». Pour les éditeurs membres du SNE, le tarif est préférentiel, et de toute manière calculé sur la base du chiffre d'affaires. 

 

 

 

La version française

 

La version britannique

 

 

La solution permet de couvrir l'ensemble des catalogues de la maison, mais nécessite une intervention humaine  à différentes reprises : l'éditeur «  interroge le portail pour obtenir la liste des liens vers des contenus illicites ; il sélectionne, dans cette liste, les liens qui donneront lieu à notification ».  On pourra retrouver le site à cette adresse.

 

Bon... Donc, réalisé par des Anglais, et traduits par leurs soins. Est-ce pour cette raison que la section Actualités n'a pas été rafraîchie depuis... février 2013 ? Bien. Pour ce qui est des tarifs, cela commence à partir de 285 €, pour une société réalisant moins de 295.000 de chiffre d'affaires, jusqu'à 5750 € si l'on réalise entre 5,75 et 11,5 millions € de CA. Pour le mode de fonctionnement, on se référera à cette page, avec un léger sourire.

 

Sont par ailleurs définies trois grandes catégories de sites internet qui sont en infraction par rapport au droit d'auteur : 

  • Hébergement de sites. Il s'agit de sites Web traditionnels. Après avoir trouvé le site, l'utilisateur en parcourt les pages pour trouver l'ouvrage requis qu'il télécharge.
  • Sites de distribution. Il s'agit de sites qui n'hébergent pas de fichiers en infraction, mais qui proposent des URL permettant des téléchargements à partir de sites "cyber-locker", agissant ainsi comme une sorte d'annuaire.
  • Sites "cyber-locker" Aussi connu comme d'hébergement à un seul clic ou cyber-sites compartiments, il s'agit de serveurs Web qui offrent l'hébergement pour des fichiers individuels, sans navigation. L'utilisateur doit être en possession d'une URL (souvent complexe) afin de télécharger le fichier.

 

Aujourd'hui, le SNE compte 650 membres.