Pottermore et Amazon au corps à corps

Clément Solym - 29.03.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - Pottermore - ebooks - DRM


Les ebooks d'Harry Potter viennent à peine d'être mis en ligne qu'une vérité s'impose d'ores et déjà : Pottermore vient de sérieusement déstabiliser Amazon en proposant des ebooks au format EPUB, y compris pour le Kindle.

 

Gloria Alleluia, il est maintenant possible de télécharger Harry Potter sur le site Pottermore (voir notre actualitté). Mieux que ça, les ebooks sont débarassés de leur DRM sur ce site. Ils sont distribués au format EPUB, et protégés par le biais d'un watermarquage (non plus un verrou, mais un marquage du fichier avec des informations concernant l'acheteur).

 

 

 

 

 

 

 

Pottermore voit large

 

Grâce à ce format plus ouvert, on peut donc télécharger les ebooks Harry Potter sur un très grand nombre de lecteurs ebooks et de tablettes. De Sony à Asus en passant par le Nook et « toutes les déclinaisons d'appareils et les applications du  Kindle d'Amazon », le format EPUB est en fait compatible avec la très grande majorité des appareils disponibles aujourd'hui.

 

Si l'on prend l'exemple du tome 1 de la saga, on constate qu'il est possible de s'en procurer huit versions différentes en fonction de la DRM correspondant à l'appareil utilisé. Mais il est également possible de se procurer des ebooks au format EPUB, libre de toute DRM.

 

Comme le décrit Philippe Jones sur Futurebook, si Pottermore peut aujourd'hui distribuer ses ebooks sur des Kindle, c'est parce que Charlie Redmayne, directeur exécutif de Pottermore, aura purement et simplement coincé Amazon. Le principal intéressé, lui, décrit Amazon comme le « partenaire » de Pottermore... après qu'on lui ait clairement signifié que Pottermore proposerait les ebooks pour les appareils Kindle, qu'Amazon le veuille ou non. Un partenariat, soit, mais qui change tout.

 

Comment Pottermore change la donne pour Amazon

 

Ainsi, Pottermore vient de rediriger vers lui la relation entre le distributeur et le client... y compris les clients d'Amazon. Amazon a dû accepter cet accord pour ne pas être hors jeu, mais on constate à quel point la concession est grande.

 

Redmayne le résume de la façon suivante. « Si vous voulez que les gens achètent des ebooks Harry Potter, alors il vous faudra aller sur le site de Pottermore pour le faire. Si vous êtes Amazon, vous devez vous demander "est-ce que je veux que les propriétaires de Kindle puisse être en mesure de lire les livres ayant connu le plus de succès au monde" ».

 

Pottermore vient de créer un précédent dans le monde de l'édition. Même si les éditeurs ne vont probablement pas immédiatement suivre ce modèle, ce n'est désormais plus le genre d'hypothèse qui tiendrait de la fable. Selon Mike Shatzkin (Idea Logical Company), estime que « si les éditeurs peuvent surmonter leur peur du piratage, ils auront (...) comme l'a montré Charlie Redmayne, une arme indéniable pour combattre Amazon ». 

 

K.O. ou deuxième round ? Rien n'est joué.