Pour les supermarchés Leclerc, la priorité reste le livre papier

Antoine Oury - 12.02.2015

Lecture numérique - Acteurs numériques - Michel-Édouard Leclerc - livre numérique ebook - livre papier Espaces Culturels


La remise des Prix Landerneau Découvertes et Roman a été l'occasion de revenir sur le prix unique du livre et l'engagement de l'enseigne Leclerc pour la culture. Mais également de faire un point sur l'offre numérique en matière de livres, mise en place en avril 2013. Si Leclerc a fait part d'une hausse de 1 % du chiffre d'affaires de ses Espaces Culturels, le bilan semble moins enthousiaste pour la lecture numérique.

 

 

Michel-Edouard Leclerc - Prix Landerneau Découvertes et Roman 2015

Michel-Édouard Leclerc, PDG de l'enseigne, aux Prix Landerneau Découvertes et Roman 2015

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Dans le domaine du livre numérique, le PDG confie qu'une offre de lecture illimitée par abonnement, envisagée par le concurrent Fnac, n'est pas au programme : « Notre pari, c'est que le livre papier a encore une longue vie devant lui, pour peu que l'on ne réduise pas l'offre accessible, notamment dans nos provinces, où le métier de libraires est particulièrement en difficulté. Ce n'est pas incompatible avec la digitalisation, voire la mise en ligne des livres sur Internet, mais notre priorité reste de mettre le livre-objet dans les mains du public », explique-t-il.

 

Autrement dit, la priorité restera l'ouverture de nouveaux Espaces Culturels Leclerc, dans la foulée des 215 boutiques ouvertes depuis la création du concept en 1995. Ces dernières se sont adaptées à la concurrence, notamment d'Amazon, en proposant un retrait en boutique sous 4 heures pour les produits en stock, même si la livraison à domicile n'est pas disponible. La proximité restera donc la ligne directrice de l'enseigne pour le commerce de livre.

 

Cependant, le PDG, dans les discussions autour de l'ouverture le dimanche, adopte une position inattendue : « Nous ne militons pas pour l'ouverture le dimanche », lance-t-il. « Le public veut tout, mais les salariés ont aussi droit à un jour de repos. Idéologiquement, je ne suis pas axé pour le dimanche, mais dans notre société actuelle, c'est encore le dimanche que la plupart des gens peuvent se retrouver. Autant je peux comprendre que des magasins de bricolage, de jardinage, pour des achats lourds, puissent ouvrir le dimanche, autant un libraire spécialisé, un espace culturel ou une Fnac en province, je ne suis pas sûr que cela se justifie », explique-t-il.

 

Alexandre Bompard, le PDG de la Fnac, tenait un tout autre discours, en novembre 2014 : « Ouvrir le dimanche des magasins culturels dans lesquels les gens peuvent se promener, feuilleter des livres, cela crée aussi du lien social en centre-ville », assurait-il. Non sans que les salariés soient rémunérés en conséquence, bien entendu. 

 

Quoi qu'il en soit, les investissements dans la lecture numérique seront encore limités pour les prochains mois à venir. « Les appareils actuels sont transitoires, et seront vite remplacés par outils multifonctionnels, une sorte d'iPad avec une fonction lecture, dotée d'un éclairage moins agressif », explique Michel-Édouard Leclerc. La mise en place d'une offre concurrente à celle des magasins Carrefour, avec ses appareils NolimBook, ne semble donc pas au programme.

 

Difficile de connaître les chiffres réels derrière l'offre de livres numériques de l'enseigne, mais « les exemplaires physiques restent encore le meilleur moyen d'apporter le livre au public », conclut le PDG. « Le livre numérique n'a pas encore la noblesse de son statut. »