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Pour ou contre les ebooks: la démocratie à l'ère du livre numérique

Clément Solym - 26.02.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - ebook - papier - Sullivan


Forbes publie sur son site un débat entre Jonathan Franzen et Andrew Sullivan : le livre numérique est-il une menace pour la démocratie ? C'est dire si cette nouvelle vague prend de l'essor, pour que l'on ait besoin de confronter une sorte de Beigbeder américain, à un des blogueurs les plus en vogue...

 

Car Jonathan Franzen, passionné de papier, estime qu'il sera peut-être le dernier à lire des livres papier dans cinquante ans. Il dit apprécier le contact du livre, sa permanence, l'inaltérabilité de son contenu. Après qu'un auteur ait travaillé dur pour ce résultat, la moindre des choses c'est que le livre perdure, sur sa bibliothèque et dans son contenu.

 

 

« Qui a encore cette soif de quelque chose d'inaltérable et de permanent ? » demande-t-il. « Je crains la marche du monde soit plus difficile s'il n'y a plus de permanence ». Pour Franzen, le caractère responsable d'un gouvernement ou de la justice est incompatible avec ce qu'il appelle la « contingence » du numérique. Les institutions doivent s'appuyer sur des fondements stables, sur une mémoire infaillible, qui n'est certainement pas celle du web.

 

L'ebook apporte la longévité

 

Face à lui, le célèbre blogueur Andrew Sulivan défend les ebooks. Ils ont une plus grande durée de vie, « suspendus quelque part dans l'iCloud, l'ebook sera éternel ». Rien que ça ! Ils sont bien entendu plus accessibles, la rupture de stock d'un ouvrage numérique n'étant pas envisageable. Pour Sullivan il n'est plus besoin, dès lors que l'on est converti au numérique, de passer des heures chez un bouquiniste dans la tentative harassante de retrouver ce fameux roman que vous adoriez et qui n'est plus édité.

 

L'accès à la culture pour tous, où que l'on soit, paraît facilité dans cette optique. Un catalogue en ligne est capable de redonner une nouvelle vie à de vieux ouvrages, faire cohabiter l'ancien et le neuf. Il n'est plus question de mettre des livres au pilon, ou de les enterrer dans des réserves faute de place. Le livre numérique sert la démocratie justement parce qu'il ne laisserait rien à part.

 

A chacun ses faiblesses

 

D'autres, comme Erik Kain de Forbes, vous diront qu'on peut défendre les formes traditionnelles d'édition et la valeur des nouvelles technologies. Chaque position a ses faiblesses. Il martèle quant à lui que rien n'est éternel, livres papier et ebooks. Si les uns brûlent, les autres s'effacent aussi rapidement qu'une lumière s'éteint. Un gouvernement peut aussi bien les mettre à l'index, quel que soit le format. On peut brûler un livre papier, on peut contrôler un serveur de la même façon.

 

Le livre numérique reste notamment dépendant du réseau électrique. Quand un pays comme les États-Unis parle d'aider à unifier son réseau électrique pour de meilleures performances alors qu'il a déjà été victime de piratages, on peut s'interroger sur les risques encourus à trop se fier à une solution plutôt qu'une autre.