Pourquoi il faut se débarrasser des verrous numériques

Clément Solym - 13.07.2012

Lecture numérique - Usages - DRM verrous numériques - Osprey Group - Apple


La question est soulevée par Rebecca Smart, PDG du groupe éditorial Osprey. Formé par Osprey Publishing, Shire, Old House et Angry Robot, le conglomérat s'est distingué de ses concurrents en développant une politique « 0 DRM » encore rare dans l'édition numérique. Principalement à cause des Store des revendeurs, qui imposent des verrous pour garantir l'intégrité de leur système marchand.


DRM Revolution 02

(auteur : Martin Krzywinski)

 

Pour Smart, il est clair que le DRM (Digital Right Management) ne fonctionne pas : d'après elle, il serait même néfaste au consommateur lambda, celui qui paye, en restreignant ses possibilités d'accès aux fichiers achetés légalement. Les DRM ont en effet une fâcheuse tendance à restreindre l'interopérabilité, ce mot barbare qui signifie qu'un fichier acheté sur Kindle ne sera lisible que sur Kindle, par exemple. Sur ses applications, Apple a récemment eu la mauvaise surprise de voir ses DRM se retourner contre lui en faisant bugger des dizaines d'applications...

 

Par ailleurs, Osprey a avant tout pensé à la publicité indirecte que le piratage peut leur fournir : certes, les exemplaires piratés ne seront pas vendus (et encore, on sait que les téléchargeurs sont aussi les plus gros acheteurs), mais seront plus efficaces qu'une publicité virale si le contenu est à la hauteur. Par ailleurs, en supprimant les verrous numériques de ses fichiers, notons que la maison a des chances d'être bien vue par le grand public, ce qui pourra toujours servir. Coopérer avec les pirates peut parfois s'avérer salvateur... (voir notre actualitté)

 

« Mais la plus grande justification à notre philosophie du 0 DRM reste que notre modèle économique repose sur des ventes répétées à de fidèles clients » explique Rebecca Smart, qui développe ensuite l'idée d'un « gang » où auteur, éditeur et lecteur font les 400 coups ensemble. Une forte identité qui permet peu à peu à la maison de devenir une référence, les auteurs attirant leurs confrères et les lecteurs leurs semblables.

 

Enfin, elle souligne que les éditeurs passent, avec les DRM, pour « des gamins pleurnicheurs », et que leur seule échappatoire réside bien dans l'efficacité de la « valeur ajoutée » qui, pour le coup, ne dépend que d'eux-mêmes... Pour les autres, il y aura toujours le tatouage numérique, qui reste un DRM, mais moins contraignant, du moins au niveau de l'opérabilité. En effet, le fichier n'est pas verrouillé mais affiche un numéro de série qui permet d'en identifier le propriétaire, et donc celui qui l'a lâché sur les terres sans frontières de l'Internet... Un peu comme pour une carte bancaire, il sera possible de retracer les lectures... Pas sûr qu'on soit gagnant.




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