PriceMinister : profession, cybermarchand, option super pilleur

Clément Solym - 08.01.2013

Lecture numérique - Usages - Priceminister - copier coller - plagiat


La section livre de PriceMinister, le site qui vous aide à revendre vos cadeaux de Noël, est enrichie de multiples critiques. De quoi inciter les futurs acheteurs à se précipiter sur un titre ou un autre - et à défaut, leur donner un éclairage sur ce qui leur est présenté. On appelle cela la prescription, ou du moins, un conseil de lecture, plus ou moins avisé.

 

 

 

 

Mais sur un site marchand, ces conseils valent cher : ils facilitent la vente, selon que la critique soit plus ou moins bonne, donnent d'importantes masses de contenu pour garantir de mieux ressortir sur les moteurs de recherche, et ainsi de suite.

 

Car l'enjeu aujourd'hui, depuis que Google a décidé de faire le ménage dans les résultats de recherche, c'est de disposer d'un contenu exclusif, pour que le site marchand puisse ressortir. Ainsi, des libraires en ligne ont pu lancer un club de lecteurs, qui leur permet de profiter de chroniques pour pousser plus fortement leurs pages dans les résultats.

 

À ce titre, PriceMinister, plutôt que de profiter des critiques que les internautes laissent généreusement, comme ce peut être le cas chez des concurrents, a trouvé une méthode qui vaut la peine qu'on la présente. 

 

Cela s'appelle le pillage de contenus en masse. 

 

En effet, plusieurs réseaux sociaux du livre, qui hébergent des critiques d'internautes et d'utilisateurs en sont allégrement victimes. Babelio en tête de file, LibFly, et des centaines de blogueurs qui publient sur leur site, et dans les colonnes des réseaux cités, leurs critiques de livres, se retrouvent arbitrairement.... chez PriceMinister.

 

Sans vergogne, nous explique-t-on chez Babelio, alors qu'un grand nombre de chroniques sont reproduites en copier-coller, sans le moindre accord avec le réseau social. « Il suffit d'une recherche élémentaire sur Google pour découvrir que les critiques sont complètement pillées depuis nos pages », explique Pierre Fremaux, cofondateur de Babelio.

 

Et ce, sans qu'il ne soit possible de prendre contact avec PriceMinister, ni même d'explications de la part du fautif. Manifestement, même les alertes depuis Twitter, pas plus que les prises de contact n'ont abouti.

 

 

 

Pour Pierre Fremaux, ce comportement est en tous points contraire à l'éthique du net. « Je comprends que les sites marchands souhaitent pousser leurs clients à poster des avis sur les produits, afin d'augmenter les taux de conversion en achat. Mais n'ayant pas construit de systèmes de réputation et d'authentification, ces derniers prêtent facilement le flanc à ce type d'abus, comme on l'a vu par ailleurs avec les difficultés qui affectent Amazon sur le même sujet. En l'état j'espère qu'il s'agit simplement d'un problème d'organisation et que Priceminister finira par retirer rapidement les contenus plagiés. »

 

LibFly n'était pas disponible pour apporter de commentaires, mais nous ne manquerons pas de mettre à jour cette information