Prix des ebooks : cette situation est-elle bien raisonnable ?

Clément Solym - 01.03.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - ebooks - prix - Amazon


Le groupe Pearson vient de publier ses résultats : l'année dernière, la vente d'ebooks a constitué le tiers de son chiffre d'affaires, soit une hausse de 18 % par rapport à 2010. On ne le répétera jamais assez, mais les livres numériques prennent une place de plus en plus importante dans l'édition actuelle : c'est très vrai aux États-Unis, cela l'est peut-être dans une moindre mesure en Europe et notamment en France.


Un article de Mobiledia revient sur ce qui a permis de fixer les prix des ebooks tels qu'on les connaît aujourd'hui... et c'est encore et toujours la faute d'Amazon qui, en proposant des ebooks à 10 dollars avant tout le monde, a non seulement rendu plus d'un éditeur neurasthénique, mais a largement profité des marges insolentes que lui offraient la vente d'ebooks, explosive, comparé à la vente de livre physique, en moins bonne santé.

 

En 2007, avec l'arrivée du Kindle, l'édition traditionnelle a connu un séisme incomparable : en baissant drastiquement les prix, Amazon a été accusé de dévaluer la littérature, et plus grave encore, de dicter leurs prix aux autres éditeurs, qui l'ont somme toute assez mal pris.

 


Et... Apple est arrivé


 À l'occasion de la sortie de l'iPad en 2010, Apple a donc proposé aux éditeurs mécontents de relever le prix des ebooks qu'il proposerait à un niveau plus proche du prix des livres traditionnels. Ce nouveau prix n'induirait pas de décalage par rapport au prix du livre physique, et permettrait aux éditeurs de reprendre le contrôle des ventes numériques. À tel point que des éditeurs de premier ordre comme Macmillan auraient alors menacé de retirer leurs ebooks d'Amazon si ce dernier n'adoptait pas un modèle comme celui d'Apple, moins déstabilisant.


Good Job, Steve!


Plus précisément, les déclarations rapportées par le biographe de Steve Jobs montrent que ce dernier n'a laissé aucune ambiguïté quant à ses intentions véritables : adopter le fameux "prix d'agence", plus élevé et permettant à Apple de ponctionner 30 % du prix de vente. « Oui, les clients paieront plus cher, mais c'est ce que vous recherchez de toute façon » , aurait-il dit aux éditeurs.


Apple et plusieurs gros éditeurs sont actuellement sous le coup d'une investigation menée par la Commission européenne, et soupçonnés de violations des lois antitrust qui s'appliquent dans l'espace communautaire.


Incompréhension sur les prix


Au final, personne n'est content. Les ebooks sont vendus trop chers, les éditeurs touchent moins, et les lecteurs payent plus pour des ebooks (incroyable: on ne peut pas le toucher, mais on peut le payer plus cher qu'un livre classique). Les ventes sont soutenues malgré les prix : verra-t-on pour autant les prix des ebooks augmenter encore ? Sur le modèle proposé par Apple, les distributeurs récupèrent tout de même 30 % du prix de la vente.

 

Alors, pourquoi payer si cher pour un ebook ? Parce que même si les prix d'impression, de tirage, de distribution ne peuvent pas s'appliquer à des éditions numériques, ces variables ne constituent pas la majorité du prix des livres papier. Même avec un ebook, l'éditeur doit payer l'auteur qui l'a écrit, prévoir une stratégie marketing adaptée, et payer ses salariés...


Et en France ?


On le sait, la circulation des ebooks est loin d'être similaire aux États-Unis et en France, et même entre notre pays et la Grande-Bretagne. La révolution numérique est en marche, mais elle n'est pas lancée au galop (voir notre actualitté). Les utilisateurs demandent des ebooks moins chers, mais la loi sur le prix unique du livre numérique viendrait contrecarrer cette ambition.


Florent Taillandier, de CNET, estime que la situation est complexe : « Les acteurs traditionnels du livre doivent donc faire un calcul différent, et résoudre un casse-tête impossible : trouver un équilibre entre un prix du livre numérique qui donne envie d'acheter, ne provoque pas de désintérêt envers les versions papier, le tout sans déclencher un piratage systématique de leurs produits, et en amortissant les investissements faits pour numériser leurs collections. La problématique est trop complexe, et les intérêts contradictoires ».




Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.