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Problématiques du numérique pour les éditeurs

Clément Solym - 23.03.2011

Lecture numérique - Acteurs numériques - numérisation - mode - emploi


La conférence « numérisation mode d'emploi » qui s'est tenue vendredi dernier au Salon du livre proposait de faire « un point concret plus particulièrement destiné aux éditeurs sur la numérisation de leur fonds éditorial et les aides du CNL pour l'économie numérique du livre ». Elle entendait présenter aussi des « témoignages d'éditeurs sur des projets de numérisation réussis ».

Elle était animée par Alain Pierrot, directeur développement de i2S Digibook. Les intervenants présents étaient Stephen Belfond fondateur des éditions i-Gutenberg, Bruno Delorme directeur commercial organisations internationales de Jouve, Patrick Gambache directeur des éditions J'ai Lu et responsable du développement numérique pour le groupe Flammarion, Véronique Trinh-Muller chargée de mission auprès du président du CNL et Shalev Vayness directeur chez Isako. Elle s'adressait essentiellement aux éditeurs et abordait les problématiques que ceux-ci peuvent rencontrer lorsqu'ils décident de se lancer dans la numérisation. 

Des coûts et des délais variables en fonction du projet

Isako et Jouve sont des prestataires de services numérisation. Isako est aussi un éditeur de logiciel numérisation pour les prestataires de services. Avant tout Shalev Vayness a tenu à préciser que pour avoir un résultat de qualité, que ce soit en mode image ou en retranscription de texte, il faut un grand niveau de contrôle humain. Isako propose des solutions aussi bien pour les gros éditeurs qui veulent numériser tout leur fonds que pour les éditeurs de presse ou encore pour les petits éditeurs qui ne souhaitent numériser qu'une dizaine d'ouvrages. Jouve, quant à lui, a distingué deux grandes familles dans ses clients ceux qui portent des projets de faible ampleur et ceux qui ont besoin d'une plus grosse quantité d'ouvrages numérisés.


Sur la question de la standardisation du processus de numérisation Bruno Delorme a expliqué qu'il en existe déjà comme celui mis en place pour travailler avec Apple (avec un délai de numérisation relativement court de deux semaines) mais que chaque projet est différent et va entraîner des délais plus ou moins longs et des coûts de production différents. Il n'est donc pas possible de donner une fourchette de prix et un temps moyen de délais. Un point de vue partagé par Isako.

Ebook et livre, deux produits différents ?

Stephen Belfond est pour sa part revenu sur l'importance de l'augmentation de contenu. Il estime que c'est là que le rôle de l'éditeur est pertinent dans la sphère numérique. Il lui semble par exemple étonnant de ne pas sortir systématiquement le livre audio avec l'ebook. Selon lui, c'est avec ce genre de réflexions sur ce qu'il peut apporter en plus que l'éditeur va fidéliser son lectorat au numérique.

Il a aussi évoqué l'exemple d'un recueil de 36 nouvelles qu'il avait la charge d'éditer en numérique. Plutôt que de faire une bête copie de l'ouvrage, il a décidé de créer une application par nouvelle (soit 36 applications) avec du contenu augmenté, pour un peu moins d'un euro par application. Au final, les 36 applications coûtaient 28 € alors que le livre en lui-même n'en coûtait que 18. Et on se retrouvait avec deux produits bien différents et non pas une copie numérique d'un livre papier.

Les aides du CNL

Véronique Trinh-Muller a rappelé que le Centre National du Livre propose des aides financières pour les éditeurs qui veulent se lancer dans le numérique (toutes les informations sur le site du CNL). Ce qui est assez étonnant ou dramatique c'est que les fonds sont là, l'aide est en place mais le CNL ne reçoit pas assez de projets de la part des éditeurs. Il faut savoir que même s'il y a un certain nombre de règles pour le dépôt de dossier, elles sont évolutives et finalement ce qui compte le plus c'est que le projet soit innovant.


L'aide peut atteindre 80 % du coût de la numérisation. Un petit sondage réalisé à la volée dans la salle a montré que sur la quinzaine de représentants d'éditeurs dans la salle une toute petite dizaine envisageait de déposer un dossier de demande d'aide au CNL.

Les chantiers du numérique

Patrick Gambache pour sa part a évoqué les problèmes de droits sur les traductions et les oeuvres orphelines. Il a indiqué que pour se lancer dans le numérique l'éditeur devait travailler sur deux fronts : l'obtention des droits auprès des auteurs et la réflexion sur le travail de numérisation. Selon lui, il y a trois grands chantiers pour tout éditeur : la numérisation du fonds, celle des nouveautés et la réflexion sur les nouveaux produits (contenus augmentés).

Il a rappelé que la commission numérique du SNE (Syndicat national de l'édition) avait pour mission d'aider les éditeurs à réaliser leurs envies numériques (documentation, conseils) et leur permettre à tous de passer le cap du numérique.

Enfin, il a indiqué qu'il y a une réflexion autour de la question d'un dépôt légal du livre numérique mais qu'elle n'avance pas beaucoup étant donné que le ministère n'a pas encore pris officiellement position. Cela dit, il estime que cela devrait avancer plus dans les quelques mois à venir.



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