Procès Apple : Al Gore auditionné avec Tim Cook sur la conspiration

Nicolas Gary - 02.01.2014

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Les consultations du moniteur chargé de surveiller Apple, après la condamnation pour entente, ne sont pas du goût de tous, dans la firme. Pourtant, même Tim Cook, le grand patron, devra s'y soumettre - et malgré tous ses efforts pour que cette audition soit réalisée par les avocats de la société. Or, aux côtés de Cook, on retrouvera également un certain Al Gore, ancien vice-président des États-Unis. 

 

 

 

Bien entendu, le ministère de la Justice a pris la défense du pauvre moniteur, Michael Bromwich, qui a essuyé les assauts répétés d'Apple : accusé de nuire au commerce, au développement des produits, et de faire perdre du temps à chacun, Bromwich a été rhabillé pour l'hiver. Mais le DoJ n'a pas frémi : « Dépouillée de son discours violent et des attaques personnelles, la requête d'Apple porte sur la volonté de protéger ses dirigeants au plus haut niveau et les membres du conseil d'administration, gênés d'avoir à se retrouver contraints d'assister à ces entretiens. »

 

Apple a été reconnue coupable, le 10 juillet dernier, d'avoir joué un rôle central dans une conspiration réunissant les plus gros groupes éditoriaux américains, aboutissant à la fixation d'un prix de vente artificiellement élevé pour les consommateurs - et à une absence de concurrence entre vendeurs.

 

Nommé en octobre, Bromwich a été mandaté par la Justice pour s'assurer qu'Apple respecterait les conditions de sa condamnation. Sa simple présence et ses questions permanentes feraient perdre, selon les avocats de la firme, des parts de marché « tout à fait incroyables ». Depuis les deux derniers mois, Apple n'a pas cessé de contester la manière dont Bromwich s'immisçait dans la vie de l'entreprise. Une attitude qui ne fait « que souligner la nécessité que ce monitorat se poursuive sans interruption », estime le ministère de la Justice.

 

Apple ne s'était pas simplement contenté de critiquer la présence de Bromwich : attendu qu'elle doit, de par sa condamnation, régler les émoluments du moniteur, la firme s'est lamentée d'avoir à sortir 1100 $ de l'heure. Le tout pour effectuer une enquête aussi « vaste et intrusive que possible ».

 

Mi-décembre, la juge Denise Cote, qui avait condamné Apple, avait pris la défense de Bromwich. En tant « qu'enquêteur indépendant, dont le rôle est d'interroger le personnel d'Apple sur les questions non liées à l'injonction, dans un effort pour démasquer toute malversation, le tout aux frais d'Apple », le travail de Bromwich était entièrement justifié.

 

Bromwich n'est pas très connu en France, mais il s'est fait remarquer outre-Atlantique à plusieurs reprises, que ce soit comme inspecteur général du ministère de la Justice durant le mandat de Bill Clinton, ou encore comme avocat indépendant sous l'ère Reagan. Des connexions politiques multiples et de réels conflits d'intérêts, qui poussent les observateurs à s'interroger sur la légitimité du bonhomme...