Projet Bradbury : Rendez-vous avec Monsieur Darcy : "Ghostwriter"

Neil Jomunsi - 23.05.2014

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Sentez-vous cette délicate odeur de rosiers en fleurs ? C'est celle de l'Angleterre du XIXe siècle. Je ne sais pas pour vous, mais j'irais bien refaire un tour du côté de chez Jane... Déjà quarante nouvelles ! Plus que douze avant d'achever (j'espère en beauté) le Projet Bradbury, et il me semble qu'hier encore je publiais la dixième, avec la crainte tenace de ne pas arriver à tenir mon pari.

 

Quarante nouvelles, bon sang ! À chaque dizaine, ça me fiche un petit coup, comme si j'atteignais des escales au cours d'un long périple en mer.

 

La nouvelle de cette semaine est un double, voire un triple hommage. Elle est assez spéciale dans le fond comme dans la forme, vous vous en rendrez vite compte. Je ressens une sorte de besoin, depuis quelques nouvelles, de tester : pas seulement dans le type d'histoire, dans le vocabulaire, dans les personnages, mais aussi dans les procédés narratifs, comme si le fait d'écrire tous les jours me poussait à me dépasser pour me surprendre moi-même, pour éviter l'ennui. Résultat : je me retrouve avec des textes complètement barrés. Et celui-ci n'y échappe pas : voici donc Ghostwriter, la 40e nouvelle du Projet Bradbury.

 

cover

 

Quelques mots pour vous la présenter :

Quand Katherine, sa mère et ses deux soeurs arrivent au bal que donne le jeune lord Huntchington dans le petit village de Langdon Shores, Angleterre, elles sont émerveillées : il faut dire qu'à la campagne, les occasions de se divertir se font rares. Mais alors que l'orchestre entame un quadrille endiablé et que les pieds des danseurs claquent sur le parquet ciré, Katherine ressent une gêne : la scène ne serait-elle pas un peu trop "cliché" ?

Quand je parle d'un triple hommage, j'exagère à peine.

 

Tout d'abord, ce texte se situe dans un univers familier à beaucoup de lecteurs et lectrices amateurs/-trices de littérature anglaise : celui de Jane Austen. Je ne suis pas moi-même un aficionado de la première heure : je n'ai jamais lu l'un de ses livres en entier, je le confesse, mais j'ai souvent eu affaire à ses adaptations télévisées, et notamment celles de la BBC.

 

C'est un univers à la fois romantique et humoristique qui me plaît beaucoup, à la fois par sa légèreté et sa modernité. Et c'est ici que s'insère la seconde partie de mon hommage : celui que je rends à ma merveilleuse épouse, fan parmi les fans de Jane Austen, qui a su me communiquer une partie de sa passion pour cette auteure. Sans elle, Ghostwriter n'existerait sans doute pas. Enfin, la troisième partie de cet hommage revient au génial Jasper Fforde, dont la série des Thursday Next a été, et est toujours, une grande source d'inspiration au quotidien, tant dans le thème abordé que dans la loufoquerie employée.

 

La relation entre l'auteur et ses personnages est le thème principal de ce texte. C'est une question qui m'a toujours fasciné : qui de l'écrivain ou de ses créations a réellement le pouvoir sur la narration ? Qui tient les rênes de l'histoire ? Ceux qui écrivent comprendront quand je dis que souvent, j'ai l'impression que les créatures de fiction sont les seules à la barre, et que je ne fais que narrer leurs aventures, qui se déroulent dans ma tête en même temps que sur le papier. Je ne suis pas un auteur à plan. J'aime me laisser surprendre, et les personnages sont une source inépuisable de surprises. J'ai donc imaginé une histoire où les personnages prendraient encore un peu plus de liberté qu'ils ne le font déjà.

 

Ghostwriter est disponible chez KoboSmashwordsAppleAmazon et Youscribe pour 0,99€. Vous pouvez aussi (et surtout) vous abonner à l'intégralité des nouvelles pour 40€ et devenir mécène du Projet Bradbury. J'ai également un compte Flattr (si vous ne connaissez pas, jetez un oeil ici). La couverture est bien entendu toujours de la talentueuse Roxane Lecomte.

 

Bonne lecture !