Projet Bradbury : Robots ménagers ou robots dictateurs ? "Sauvages"

Neil Jomunsi - 30.05.2014

Lecture numérique - Acteurs numériques - apocalypse - stephen hawking - terminator


S'imposer un rythme en écriture est une question essentielle : je le devinais avant d'entamer le Projet Bradbury, je le constate en mettant les mains dans le cambouis. Il m'a fallu ces trois dernières semaines composer avec des déplacements un peu partout, des obligations professionnelles (quelques jours par an, j'apprends à des professionnels de l'édition et du journalisme l'art délicat de fabriquer soi-même ses ebooks) et une longue visite en famille. Comprenez-moi bien, j'en suis très content ! Mais ces évènements inhabituels bouleversent mon quotidien, et donc... mon rythme.

 

Je me rends compte à quel point j'ai développé des habitudes, des routines : dès que j'en sors, je me sens perdu. J'ai l'impression d'avoir 80 ans et de partir à la dérive sitôt que le décor change ou que le paysage n'est pas le même. Qu'est-ce que ce sera quand j'aurai vraiment 80 ans...

 

Le Projet Bradbury m'apprend aussi des choses sur moi-même (c'est le but), et je réalise que je suis un écrivain du genre casanier. Je n'aime pas écrire dans les cafés, trop bruyants, trop inconfortables, etc, et je m'aperçois maintenant que j'ai besoin de me fabriquer un certain cocon temporel pour travailler dans les meilleures conditions : bouger trop me perturbe. Rassurez-vous, in fine, ça ne m'empêche pas d'écrire ! (je suis devenu une vraie machine, ce qui tombe bien, vu le thème de la semaine...)

 

Je vous présente donc Sauvages, la 41e nouvelle du Projet Bradbury.

 

cover

 

Quelques mots pour vous en parler :

Dans un monde où l'absurde a balayé devant lui toute quête de sens, des poches d'humains subsistent tant bien que mal et tentent de perpétuer l'espèce. Mais les machines veillent : depuis qu'elles ont rasé les villes et massacré leurs habitants, leurs drones quadrillent les colonies et régulent les naissances, de peur de voir un jour ces mammifères idiots reprendre le dessus. En ce jour, Jacob s'apprête à devenir père. Mais le destin de son enfant se trouve peut-être ailleurs.

J'aime les tableaux absurdes. Confronter mes personnages à une situation inextricable, c'est aussi une manière de se sauver de la construction hollywoodienne classique qui veut que le héros, d'aussi loin qu'il parte, finisse toujours par renverser la vapeur. J'ai donc privilégié une vision lovecraftienne pour cette histoire : le héros fait face à un obstacle si gigantesque qu'il n'y peut pas grand-chose. Ce genre de narration laisse davantage de place au ressenti, au temps qui passe, à la lenteur aussi, aux scènes contemplatives. Il n'y a aucune urgence. Rien ne s'améliorera.

 

J'ai eu l'idée de cette nouvelle en lisant un article qui expliquait le point de vue du physicien Stephen Hawking sur l'intelligence artificielle : selon lui, des recherches en ce sens pourraient s'avérer dangereuses, voire même précipiter l'humanité à sa perte. C'est également le postulat de Terminator, mais j'ai choisi d'explorer ce thème d'une façon un peu paisible. Je me suis même permis d'inviter Hawking pour un petit hommage. J'ai imaginé un monde post-apocalyptique (au sens strict du terme, puisque l'intrigue se déroule 30 ans après l'avènement de l'âge des machines) où la nature a repris ses droits et où les robots sont presque invisibles. J'espère que l'histoire vous plaira.

 

Sauvages est disponible chez KoboSmashwordsAppleAmazon et Youscribe pour 0,99€. Vous pouvez aussi (et surtout) vous abonner à l'intégralité des nouvelles pour 40€ et devenir mécène du Projet Bradbury. J'ai également un compte Flattr (si vous ne connaissez pas, jetez un oeil ici). La couverture est bien entendu toujours de la talentueuse Roxane Lecomte.

 

Bonne lecture !