Protéger son livre du piratage : la méthode Goodkind

Clément Solym - 12.07.2012

Lecture numérique - Usages - auteurs - livres piratés - Terry Goodkind


Même si son impact réel sur l'économie du livre est encore à déterminer, le piratage reste pour nombre d'auteurs et d'éditeurs une source de terreurs nocturnes tenaces. En Russie, les analystes estiment même que le catalogue illégal est largement mieux pourvu que l'offre légale, ce qui n'arrange pas les affaires des auteurs (voir notre actualitté). Mais Terry Goodkind a la solution...

 

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Le site AppNewser s'est interrogé sur les recours envisageables par les auteurs pour se protéger eux-mêmes du piratage. Sortez couverts : la création d'alertes Google liées au titre du livre et au nom de l'auteur reste la meilleure méthode pour rester au fait de sa présence, plus ou moins licite, sur le web. Alerté, l'auteur aura un bon aperçu du référencement, et pourra saisir le Digital Millenium Copyright Act (DMCA).

 

La procédure, comparable en France à la LCEN (Loi pour la Confiance dans l'Economie Numérique) et à la DADVSI (Droit d'auteur et droits voisins dans la société de l'information), permet de retirer un lien des résultats d'un moteur de recherche, dans le cas où celui-ci redirigerait vers un site de partage illégal. Cependant, le recours est extrêmement long, et s'avère plus adapté aux avocats des majors qu'au petit auteur indé...

 

Par ailleurs, il faudra disposer d'une bonne dose de temps libre, et collecter toutes les adresses où le livre a été publié dans sa version piratée, et archiver tous les liens vers des sites d'hébergement de fichiers (type Rapidshare, Mediafire...). L'auteur pourra envoyer cette liste à son éditeur, peut-être plus équipé pour défendre sa cause. L'autopublié devra une nouvelle fois faire sans...

 

Et justement : certains conseillent de « s'allier » aux pirates, ou plutôt de prendre l'initiative du premier contact... Expliquer sa situation, dans le cadre d'une conversation décomplexée par le biais des forums, pourrait s'avérer plus payant, paradoxalement. Les pirates pourront même donner leur avis, ou des conseils... Tout dépendra de l'ouverture d'esprit de chacun, mais la coopération semble possible.

 

Même si, pour l'instant, elle est plutôt rare : le dernier à s'illustrer en la matière est Terry Goodkind. L'auteur de fantasy avait choisi d'autopublier The First Confessor : The Legend of Magda Searus, sa dernière livraison littéraire. Vendu 9,99 $, l'ouvrage a vite fait les frais du piratage : Goodking a alors décidé de poster sur sa page Facebook la photo du pirate, suivie d'un texte légèrement vindicatif. « Alors Josh, qu'as-tu à déclarer ? Aucun respect pour un auteur qui travaille dur et s'enthousiasme pour son travail ? Même pas pour quelqu'un qui tente de communiquer avec ceux qui pourraient avoir envie de pirater notre travail ? »

 

Les réactions des autres lecteurs ont été partagées : une large partie d'entre eux ont fait part de leur soutien à Goodkind, mais quelques uns ont dénoncé une « mentalité policière » et déploré un lynchage numérique. Malgré tout, force est de constater que quelques heures plus tard, les liens dudit pirate avaient disparu.