Quand le manchot veut la peau du Bouddha

Nicolas Gary - 26.03.2013

Lecture numérique - Usages - contrefaçon - diffusion sur internet - violation de droit d'auteur


On ne plaisante, pas, chez Penguin, avec la contrefaçon. Et personne n'échappe aux yeux d'aigle de l'éditeur, pas même une association à but non lucratif, qui a eu le malheur de publier l'intégralité d'ouvrages, sur internet. La cour de Portland a en effet reçu une plainte de l'éditeur, poursuivant American Buddha, accusé de violation de droit d'auteur.

 

 


 

 

Penguin Group veut la peau du Bouddha, et pour l'obtenir, accuse la société d'avoir diffusé dans leur intégralité des livres dont la maison avait les droits. Et les droits exclusifs, qui plus est. Une injonction a déjà été lancée, accompagnée d'une demande de dommages-intérêts. 

 

L'éditeur accuse également l'organisation de profiter abusivement de nouvelles traductions récentes de l'Âne d'or, d'Apulée ou De rerum natura, de Lucrère, récemment publiés.

 

La plainte, déposée la semaine passée, contraint maintenant les acteurs à se défendre de ces attaques, menées par le cabinet d'avocats  Davis Wright Tremaine LLP. American Buddha a déjà fait valoir, ou tenté, qu'une approche au travers du Fair Use, permettait cette utilisation en ligne. De même, les exceptions concédées aux bibliothèques pourraient servir la cause de l'organisation. 

 

Cependant, Penguin a déjà balayé cette riposte : les exceptions au droit d'auteur ne permettent sûrement pas de diffuser l'intégralité d'une oeuvre en ligne. Elles reposent sur un système de volontariat, dans le cadre du prêt d'ebooks, mais certainement pas de la situation telle que relevée par les avocats de Penguin.

 

Du reste, les deux organismes se connaissent bien, attendu qu'en 2009, une première attaque contre American Buddha fut lancée, avant que la cour fédérale de New York ne considère qu'il ne disposait pas de l'autorité nécessaire pour juger l'affaire. (via Oregon Live)