Quand Sony surfait sur l'écologie coupable

- 28.05.2013

Lecture numérique - Lecteur eBook - empreinte carbone - arbre - écologie


« Une personne éduquée lit un arbre de livre par an. Changez pour le livre électronique ». L'an dernier, la campagne de Sony en faveur de ses lecteurs ebook jouait sur l'effet vert de la lecture numérique. Épargner nos forêts en réduisant l'implication du papier dans l'industrie du livre, le programme est en phase avec son époque avec son lot de culpabilisation bien dosée.

 

 

 

 

D'autant plus si l'on passe aux chiffres, quoique loin d'être unanimement reconnus. On compte un besoin de 1,5 million de tonnes de papier chaque année pour répondre à la demande du secteur. Et aussi innocent qu'il en a l'air pris au détail, le moindre livre de 400 grammes pèserait 3 kilos de C0² sur l'écosystème.

 

À titre de comparaison, les lecteurs d'ebooks amortiraient leur empreinte carbonique dès l'utilisation de 14 livres. Néanmoins, les différentes méthodologies de calculs révèlent des écarts allant du simple au triple. Difficile donc de trouver les mesures d'une comparaison fiable, plus encore en considérant notre manque de recul sur des questions cruciales comme la durée de vie des supports et le recyclage des métaux lourds qui les composent. Et c'est précisément en jouant sur ces ambiguïtés de calcul que Sony a basé son slogan.

 

Si les unités de valeur sont fluctuantes entre les différentes études, et particulièrement entre celles émises aux États-Unis et en France, Sony a inventé la sienne avec « l'arbre de livre ». Magnifiques au demeurant, les clichés n'offrent pas un indice précis de capacité, si ce n'est plusieurs centaines pour constituer uniquement un des troncs. Imprécise, provocatrice, la campagne publicitaire ajoute à la culpabilité du pollueur celle de la crasse intellectuelle. Puisque le fonds qui totaliserait une solide bibliothèque est un minimum requis pour figurer parmi la population des personnes cultivées.

 

Dans une lecture moins second degré, l'arbre représenterait l'équivalent en fibre et pulpe nécessaire à la consommation d'un lecteur assidu. Mais là encore, les nombreuses variables empêchent de trancher : taille des différents supports, qualité du papier, taux d'ouvrages recyclés, fixation d'une consommation moyenne pour ce qui serait appelé un grand lecteur. 

 

On l'aura compris, la campagne, réalisée par une agence moscovite ne s'est pas axée sur ces considérations. Mais s'il fallait donner un ordre d'idée, ce que des collégiens du Québec ont tenté, un arbre de la taille d'un homme pourrait – très hypothétiquement – produire 12 500 feuilles format A4. Une consommation plus proche de celle d'un collectionneur de catalogues par correspondance que d'un fin lettré. Via ebookfriendly