Quel avenir pour la promotion du livre ? Le cas Instagram

Auteur invité - 02.03.2020

Lecture numérique - Usages - instagram livre conseils - bouche oreille lecture - internet influenceurs


Les Français ont passé en moyenne 1h sur Instagram en 2019, selon Oberlo. Avec 17 millions d’internautes en France, toutes les industries culturelles y ont vu se dessiner une opportunité de se mettre en avant. Les acteurs de l’édition l’ont bien compris également et ont choisi de faire d’Instagram une vitrine. 



 

Un conte de fée pour le e-commerce ? 


Nous avons tous eu la (mal)chance de faire face à des contenus “sponsorisées” sur les réseaux sociaux. Mais que sont-ils, à qui s’adressent-ils et quelles sont leurs portées ? 

Le métier d’influenceur fait autant rêver qu’il n’effraie. Ce métier apparu il y a peu succède à la frénésie des blogueurs. Ces stars d’internet approchées par les marques sont devenues des vitrines pour ces enseignes et des repères pour les consommateurs. Le groupe Cision a mené une enquête en collaboration avec IPSOS dans laquelle on découvre qu’un internaute sur trois (34 %) déclare en effet être abonné à un ou plusieurs comptes animés par un influenceur.

De même, cette étude a démontré la puissance de ces comptes sur les réseaux sociaux. Selon l’étude de Cision, 75 % des personnes qui suivent ces comptes d’influenceurs ont déjà acheté ces produits sponsorisés. Ces relais pour les marques ne se contentent pas de toucher une commission sur chaque produit acheté via leur compte, ils engagent aussi leur image et leur crédibilité. Si les valeurs de la marque sont en adéquation avec l’influenceur qui la représente, cela aura un effet positif sur les décisions d’achats ainsi que sur les recommandations qu’en feront les acheteurs. 

Le fonctionnement des réseaux sociaux est similaire au concept du bouche-à-oreille qui est connu comme stratégie de décision (60 % des acheteurs estiment le bouche-à-oreille comme gage de confiance) avant l’acte d’achat. Les consommateurs se tournent donc vers ceux en qui ils ont confiance avant de consommer : famille, amis, influenceurs...  Sur les réseaux sociaux, les influenceurs développent leurs communautés afin d’instaurer et d’établir un climat de confiance et de liberté d’expression. Ainsi, ils se permettent de donner leur avis et gagnent en crédibilité auprès de leurs followers. 

Il en va de même pour l’industrie du livre. Bookstagram, Booktube, ces plateformes présentent sur les réseaux sociaux ont développé à leur tour un relai d’influence sur les produits littéraires. Il est désormais possible de promouvoir un livre sur les réseaux sociaux comme on promeut la pire crème amincissante aux vertus douteuses. 
 

Bookstagram ou le nouvel influenceur littéraire 


Bookstagram, contraction de « book » et « instagram », est au départ un hashtag qui désigne toute publication concernant un livre sur ce réseau social. Mais aujourd’hui, on parle d’une communauté en plein essor regroupant des milliers de personnes à travers le monde qui par le biais des photographies et des commentaires partagent leur passion de la lecture et des livres avec d’autres lecteurs

Les « bookstagrameurs », comme on les appelle, sont des véritables atouts de promotion pour les maisons d’édition et les auteurs. En effet, ces personnes sont parfois suivies par des milliers de personnes qui lisent leurs chroniques et échangent sur les livres. C’est notamment le cas du compte mademoisellelit tenu par une Française et qui regroupe près de 55.800 abonnés. 

Les maisons d’édition, ayant compris l’enjeu de ces nouveaux acteurs littéraires, n’hésitent pas à faire un partenariat avec ces influenceurs, leur proposant une liste d’œuvres ou des ouvrages eux-mêmes sur lesquels ils pourraient faire une chronique en échange du dit livre ou d’une rémunération allant de 80 à 400 € selon la publication.

Le compte mademoisellelit en est un exemple comme le prouve la légende sous le post du 08/10/2019 : « La réception qui fait du bien J’ai reçu Kilomètre zéro de Maud Ankaoua par les éditions @jailu_editions 
#sponsorise #servicepresse #partenariat [...]. » 

Ce procédé est bénéfique à tous puisque d’un côté le « Bookstagrameur » a la possibilité de continuer à faire ce qu’il aime : lire et partager ses coups de cœur, ses impressions à sa communauté de lecteurs tout en touchant un salaire, et de l’autre, auteurs et éditeurs voient le fruit de leur travail promu à des personnes, qui grâce à l’avis d’un influenceur seront peut-être les nouveaux acheteurs du livre, de la collection, de l’auteur, de la marque. Ainsi les bookstagrameurs deviennent, le temps d’un post, agent de communication et de promotion pour les éditeurs grâce à leur communauté. 
par Eugénie Devos et Noëmie Carrecabe
 
Dossier : Lecteurs, communauté et réseaux sociaux : promouvoir le livre


Article réalisé et publié dans le cadre des travaux menés avec les élèves du Master 1 Apprentissage de l’université de Villetaneuse — Paris 13, spécialité Commercialisation du livre. Les étudiants sont invités à écrire sur un sujet lié au monde de l'édition, suivant des consignes de rédaction journalistique.  



Commentaires
Merci Eugénie et Noëmie. Bravo pour l'article. Vous venez de m'apprendre quelque chose. Je connaissais bien l'existence des influenceurs. Je ne connaissais pas le terme "bookstagraneur/euse". Ce qui me laisse un peu pensif ou sur la réserve, c'est la rémunération possible de c grines bookstagraneur/euses . Du coup, on peut se poser la question de l'objectivité...mais je ne suis pas dans le circuit et je peux me tromper, bien entendu.
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