Rachat par Lagardère, fermeture : Quel devenir pour VirginMega.fr ?

Xavier S. Thomann - 30.06.2013

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Les magasins Virgin sont au coeur de l'actualité depuis plusieurs mois déjà. Pourtant, on a assez peu évoqué l'avenir de pendant virtuel des magasins physiques : VirginMega.FR. Plutôt étonnant quand on songe que cette structure et ses salariés sont également en difficulté. La plateforme a été placée en redressement judiciaire le 30 mai. 

 

 

 

 Page d'accueil du site Virgin

 

Contrairement aux magasins physiques qui ont tous fermé leurs portes, le site de téléchargement est toujours ouvert. Comme l'a relevé Édition multimédi@ dans son article sur la question dans son numéro 82, le site se présente comme la « première plate-forme de téléchargement légal en France. » Il est vrai que Virgin avait devancé un peu tout le monde sur le créneau, en mettant ce service en ligne dès 2004. 

 

Toutefois, ce n'est pas véridique. Pour ce qui est de la musique en ligne, VirginMega est en réalité en cinquième position, loin derrière le leader du marché qui n'est autre qu'Apple avec son iTunes. En 2011, la firme à la pomme réalise 70,2 % de parts de marché, écrasant par la même occasion tous les acteurs français. 

 

Sur le site Virgin Megastore (qui se résume désormais à une seule page), on n'en apprend pas davantage quant au sort de sa filiale VirginMega, outre un laconique : « VirginMega.fr, votre site de téléchargement de Musique, Films et eBooks continue son activité. Il reste disponible 24 h/24 h et 7j/7j. » Reste maintenant à savoir combien de temps encore cette activité va se poursuivre. 

 

Car les salariés eux sont bel et bien concernés par le plan social. Sur la question de l'avenir de la plateforme, Édition multimédi@ avançait la semaine passée l'hypothèse d'une reprise du site par Lagardère, qui possède toujours des parts à hauteur de 20 %. D'autre part, rappelons que VirginMega est une société commune de Virgin Megastore France et du pôle musique de Lagardère Active. Lagardère est donc doublement impliquée dans cette affaire. Pour l'heure, nous ne sommes pas parvenus à obtenir confirmation.

 

 

"Il fallait investir sur l'offre dématérialisée Virgin Mega,

commercialisée depuis dix ans déjà.

Et fermer impérativement nos “paquebots” impossibles à rentabiliser"

 

 

Concernant VirginMega, la présidente de Virgin, Christine Mondollot, pense que le modèle, s'il avait été davantage développé aurait pur sauver l'enseigne. Dans une tribune parue dans les Échos le 18 juin dernier, elle s'exprimait en ces termes :

 

« Il fallait investir sur l'offre dématérialisée Virgin Mega, commercialisée depuis dix ans déjà. Et fermer impérativement nos “paquebots” impossibles à rentabiliser comme le magasin des Champs-Élysées à Paris. Mais ce changement de modèle économique n'a pas été décidé. Il demandait une analyse lucide, une volonté forte de changement puis des investissements et du temps dont nous n'avons malheureusement pas bénéficié. Trois ans au moins auraient été nécessaires ». 

 

Toutefois, même si ces efforts avaient été réalisés, on peut se poser la question de savoir si le retard accumulé par la plateforme par rapport à iTunes ou dans une certaine mesure Amazon aurait pu être rattrapé. C'est bien la question que devra se poser un éventuel repreneur du site VirginMEga. 

 

En somme, il serait tout de même paradoxal que la fermeture d'un magasin physique entraîne celle d'un magasin virtuel. Par les temps actuels, c'est un peu le monde à l'envers. Car c'est bien la volonté de Virgin de continuer sur une stratégie de grands magasins qui est à l'origine des difficultés que connaît aujourd'hui le site de vente en ligne.

 

Comme l'explique Benoît Sarazin, consultant chez FarWind Consulting, toujours dans les Echos : « Virgin Mega Store a privilégié les points de vente physiques, pour se différencier des autres enseignes de magasins. Elle cherchait à donner du prestige et de la visibilité à sa marque dans des endroits en vue comme les Champs-Élysées ».

 

Et c'est d'autant plus paradoxal que le site n'avait pas besoin d'une enseigne physique pour se développer : il n'y a qu'à penser à l'exemple d'Amazon. 

 

Stéphane Michalon, responsable de la société ePagine, nous explique qu'il fournit bien plus que les flux de livres numériques. « ePagine réalise tous les sites VirginMega de ventes de livres numériques, web, Bookeen, et bd. » À ce titre, il ignore encore quel sera le devenir de la plateforme : « Avec quel propriétaire ? Je ne sais pas. Mais je pense que ce serait un non-sens malheureux si cela fermait. »

 

Sollicités par ActuaLitté, ni Lagardère ni Virgin n'ont retourné nos appels.