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Rakuten en passe de racheter Tolino : Kobo pour être vrai ?

Antoine Oury - 02.01.2017

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C'est l'information que personne n'attendait pendant la trêve des confiseurs : Rakuten, la société mère de Kobo, fabricant de lecteurs ebook et vendeur de livres numériques, s'apprêterait à racheter Tolino, un consortium d'acteurs allemands de la téléphonie en pôle position sur la lecture numérique en Allemagne... Ce qui ferait de Kobo le principal concurrent d'Amazon dans le pays.

 

Tolino - Frankfurt Buchmesse 2015

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

C'est une notification de l'Autorité allemande de la concurrence qui a mis la puce à l'oreille de Lesen : une « procédure de fusion » est en cours d'examen, et elle implique Rakuten Inc., société japonaise, et le service de lecture électronique Tolino. 

 

Aucune information supplémentaire n'est disponible sur le dossier B6-82/16 : si la page du Bundeskartellamt évoque une fusion, Kobo précise à Good e-Reader être « en négociation avec Deutsche Telekom pour l'acquisition d'actifs liés à la lecture numérique » : difficile de dire si l'on parle d'une acquisition complète ou d'une simple prise de participation. 

 

Et, dans la mesure où le dossier est en cours d'examen auprès de l'Autorité de la concurrence, il y a peu de chances que Kobo dévoile plus précisément ses plans.

 

Lancé en mars 2013, le consortium Tolino réunissait 5 acteurs historiques du livre et des télécoms en Allemagne : le club Bertelsmann, site de vente en ligne réunissant plusieurs catalogues, Weltbild/Hugendubel, 2e vendeur en ligne de livres et chaîne de librairies, Thalia, chaîne de librairies physiques, et enfin Deutsche Telekom, plus grand opérateur téléphonique d'Allemagne, voire d'Europe.

 

Depuis, les lignes ont quelque peu bougé, avec les implications des différents acteurs, mais les bases restent les mêmes : une offre de lecture numérique qui combine un environnement simple d'utilisation, la participation de nombreux vendeurs de livres, y compris des libraires indépendants, et une marque forte. Les résultats ne s'étaient pas fait attendre : en novembre 2014, l'institut de sondage Gfk annonçait que les parts de marché de Tolino pour la lecture numérique en Allemagne dépassaient celles d'Amazon, à 45 % contre 39 %, au troisième trimestre 2014.

 

A priori, la situation du marché serait peu ou prou la même, avec un duel Tolino/Amazon, et quelques miettes pour les autres, dont Kobo.

 

Les velléités de rachat seraient donc justifiées par cette envie de Kobo d'investir un peu plus le continent européen, une des principales sources de revenus de la société. « Il est désormais assuré qu'exister dans le domaine du livre numérique requiert une certaine taille, c'est une leçon que nous avons apprise lorsque nous n'étions qu'une start-up au Canada. Ce dernier est un petit marché pour la lecture numérique, et nous avons su dès le départ que nous ne pouvions pas survivre sur ce seul pays et que nous devions passer à l'échelle internationale », nous expliquait récemment Michael Tamblyn, le PDG de Rakuten Kobo.

 

Le jeu du livre numérique en vaudrait donc la chandelle : si Kobo rachète effectivement Tolino, cela se fera pour une somme non négligeable. Mais il est aussi possible, comme l'indique le message de Kobo, que la société cherche à rejoindre le consortium, fournisse un service logistique à ce dernier ou envisage d'acquérir des technologies développées par et pour Tolino.

 

Nous avons contacté Kobo et sommes en attente de plus amples informations.