Rakuten sur le marché de l'ebook ne redoute pas Amazon

Clément Solym - 17.08.2012

Lecture numérique - Lecteur eBook - Japon - Kobo - Kindle


Au Japon, la marque locale Rakuten a fait mentir les prévisions des principaux analystes. Les résultats commerciaux de la firme n'ont désormais plus les allures du suicide économique qui se dessinait. Le lancement Kobo Touch le 19 juillet laissait planer des doutes, aggravés par les nombreux défauts pointés. Le produit semble avoir gagné en popularité, comme en attestent les 100.000 exemplaires écoulés à travers l'archipel en quelques semaines.

  

 

 

 

La culture japonaise semble pourtant montrer encore quelques réticences à l'égard de l'offre en matière de lecteurs ebooks. Pour Rakuten, le pari s'annonçait compliqué. Kobo est le premier appareil commercialisé par le spécialiste de vente sur internet au Japon. Pour s'imposer, l'entreprise a basé sa stratégiesur des promesses techniques supérieures à celles du Kindle, notamment en évoquant un appareil mieux adapté à la lecture japonaise, du haut vers le bas, ainsi qu'un prix compétitif. 

 

Mais la marque a surtout devancé son concurrent. En effet, la sortie prochaine du Kindle est annoncée depuis le mois de juin sur le site internet d'Amazon. En riposte immédiate, le jour même, Rakuten avait mis en ligne un teaser, pour rappeler que son lecteur arriverait aussi sous peu. Finalement le 19 juillet, c'est le Kobo qui le premier faisait son entrée sur le tatami.

 

La journée de lancement avait été ternie par un certain nombre de bévues : Rakuten s'est rendu compte du manque d'intérêt pour le Kobo Touch. L'attendu Kobo Touch n'atteignait que 3 étoiles sur 5 sur la page de présentation du produit. Ce qui fit mouche, c'est la suppression, récemment, de tous les commentaires : ceux-ci, essentiellement négatifs ou dubitatifs déplaisait un peu trop, manifestement.

 

« Généralement, dans leurs commentaires, les gens se plaignaient des plantages lors de l'installation de l'application bureau de Kobo, de la très faible offre de livres en japonais, des écrans tactiles qui ne réagissaient pas, du piètre service client », rapporte The Digital Reader.

 

Hiroshi Mikitani, CEO de la société, s'est exprimé publiquement, prétextant que les plaintes supprimées n'étaient plus d'actualité au moment de leur suppression, en raison d'une correction des problèmes techniques intervenue entre temps. Il aura probablement cherché à rassurer les éditeurs, en reprenant le contrôle l'image.

 

Autre point négatif : si l'on annonçait 30.000 ebooks au catalogue, on ne retouve que 20.000 au lancement, avec quelques 12.000 oeuvres libres de droits. L'éventail au lancement comportait donc seulement 8000 ebooks disponibles à la vente. Si Rakuten promet 200.000 ouvrages dans son magasin d'ici la fin de l'année, il n'y en a guère que 26.000 à la mi-août.

 

Malgré tout, Mikitani affirme sa confiance en disant qu'il ne craint pas l'arrivée du Kindle sur le marché nippon. Selon lui l'engouement pour le Kobo dès sa sortie et malgré un service imparfait, est un indicateur fort de succès. 

 

À prendre avec des baguettes ...