Rapport Tessier : la numérisation centrée sur Google, un faux débat

Clément Solym - 13.01.2010

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L'annonce du rapport Tessier, proposant un accord donnant-donnant entre la France et Google pour la numérisation de fichiers n'a pas manqué de susciter des réactions, et notamment celle de Polinum, cette association de sociétés visant justement la valorisation numérique du patrimoine culturel.

En qualité de membres fondateurs, Exalead et i2S, estiment que la position du ministre de la Culture sur la politique à mener pour la numérisation du patrimoine écrit est juste. Selon eux, « le débat sur la numérisation du patrimoine écrit, centré uniquement sur Google, est un faux débat. L'idée d'un partenariat public-privé équilibré semble en effet beaucoup plus fructueuse ».


Ainsi, en présentant les deux pans de la problématique, à savoir Google d'une part et l'État français ainsi que les PME en mesure d'assurer la numérisation des oeuvres d'autre part, le ministre met le doigt sur ce qui compte. Ce schéma « permettrait en effet la mise en œuvre d'une saine collaboration où les deux parties se partagent le travail de numérisation d'une partie du patrimoine et échangent le résultat de leur travail dans un format ouvert et pérenne par un échange équilibré et sans condition d'usage particulière ».

Car laisser à Google seul la possibilité de réaliser la numérisation serait une erreur. Il semble nécessaire que s'exerce une « saine concurrence technologique » dans laquelle les institutions nationales pourront se reposer sur des « champions nationaux ». Cela permettra tout à la fois de partager les coûts de ces opérations, mais également d'assurer un travail de qualité, autant que de stimuler l'innovation qui seule garantira « l'exploitation ultérieure du patrimoine numérisé ».

En outre, Polinum souligne que toute clause d'exclusivité, écartée d'un revers de manche par le ministre prémunit d'une utilisation du patrimoine par l'état français qui ne serait pas légitime. En outre, les autres moteurs de recherches seraient lésés si une telle condition était mise en place : la perte en terme de contenu impacterait l'industrie culturelle autant que l'industrie high-tech française.

« Le Grand Emprunt est une occasion unique de mettre en œuvre une telle politique ambitieuse du patrimoine écrit français, condition indispensable de compétitivité de la France dans une économie contemporaine de la connaissance qui sera rapidement entièrement numérique », conclut Polinum. L'occasion est donc à saisir pour que l'on puisse mettre en place « un projet industriel français ambitieux à la pointe de l'innovation au niveau mondial, et qui pourra ensuite s'exporter à l'international ».