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ReDigi annonce un brevet pour la vente légale d'ebooks d'occasion

Antoine Oury - 29.01.2014

Lecture numérique - Usages - biens numériques - ReDigi - revente


Il y a quelques mois, le service ReDigi avait fait grand bruit, en promettant aux consommateurs une plateforme où revendre en toute légalité leurs biens numériques - eux aussi achetés en toute légalité. L'offre portait principalement sur la musique, mais les livres numériques étaient eux aussi concernés. La réaction des labels et autres ayants droit ne s'était pas fait attendre, et le procès n'avait pas tardé...

 


 

 

La Recording Industry Association of America (RIAA) et le label EMI avaient été les plus prompts à dégainer leurs avocats, pour faire valoir les droits du marché numérique à ne pas être concurrencé par l'occasion.

La complainte était légitime : si le marché de l'occasion physique garantit le passage de l'objet d'un consommateur à un autre, le numérique laissait supposer une confiance entière dans l'acheteur original, qui supprimerait bien entendu le bien, une fois celui-ci revendu...

 

Un postulat qui ne pouvait qu'être difficilement défendu devant les tribunaux, et la revente de biens numériques avait été déclarée illégale, d'autant plus que le processus de transfert créait une copie temporaire sur l'ordinateur du vendeur. La décision avait été prise par un juge fédéral de New York.

 

Peu satisfait, ReDigi promettait de revenir avec une offre encore plus solide. La voici : dans un communiqué, la société annonce avoir déposé un brevet pour une technologie qui, cette fois, garantit la disparition du fichier de l'acheteur original.

Pour pouvoir vendre des biens numériques, celui-ci devra au préalable télécharger l'application ReDigi, et seuls les fichiers achetés après cette installation pourront être ajoutés à l'application de revente.

 

Une fois reconnus par l'application ReDigi, ils seront transférés dans un cloud, depuis lequel l'utilisateur pourra télécharger une copie, pour les opérations de lecture ou de transfert.

Cette dernière, bien entendu, ne pourra pas être vendue. L'originale, en revanche, restera dans le cloud, et sera supprimée en cas de revente. C'est à l'aide de cette nouvelle fonctionnalité que ReDigi veut défendre son concept.

 

Comme le souligne TeleRead, qui rapporte l'information, ce nouveau mode de fonctionnement ne semble pas vraiment résoudre les soucis commerciaux liés à la revente : comment garantir que la copie ne sera pas à son tour copiée, voire même gravée sur un support externe, avant d'être revendue via l'application ?

 

Vraisemblablement, pour autoriser la revente, le seul modèle qui semble véritablement contenter les ayants droit semble celui d'Amazon : le livre numérique acheté est stocké dans le cloud, et un verrou protège le fichier. Bon, rien ne dit qu'il n'existe pas des moyens de faire sauter ces fameux verrous...

 

De nouvelles informations bientôt en provenance du tribunal, à n'en pas douter.