Les oeuvres indisponibles en vente : il faudra avoir (très) envie d'acheter

Nicolas Gary - 01.09.2015

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Les premiers titres de réédition électronique issus du registre ReLIRE sortiront officiellement demain, mais ePagine a d’ores et dans son catalogue près de 70 titres numérisés. Avant de pouvoir juger de la qualité des fichiers EPUB, ce que nous ne manquerons pas de faire, quelques détails se remarquent rapidement. 

 

Capture d'écran : des traces de pneus subistent

 

 

Il faut d’abord saluer un point : les différents livres numériques commercialisés sont tous proposés sans DRM, avec un simple watermarking. La copie et l’impression sont autorisées, et l’ensemble des métadonnées est très propre. Les précommandes sont donc ouvertes pour qui souhaiterait se refaire une bibliothèque complète. 

 

C’est un tout autre problème, en revanche, quand on regarde les couvertures des livres. Soit on découvre un modèle générique, manifestement décliné, et qui n’a vraiment rien de sexy. Soit on se retrouve nez à nez avec les couvertures des ouvrages directement scannées. Et là, c’est autre chose.

 

Au fil, on pourra découvrir des morceaux de tranches encore visibles, ou encore des couvertures mal coupées, plus ou moins bien cadrées. Mais le must, c’est de voir des références d’étiquettes, montrant que les livres ont été pris dans un fonds X ou Y. 

 

 

Un travail assez peu convaincant, de prime abord, qui ressemble plutôt à des photos prises pour la vente d’ouvrages d’occasion. Cependant, on peut imaginer que le temps a manqué pour réaliser des corrections rendant les couvertures plus propres et attrayantes. 

 

Comme la loi française le permet, c’est donc l’éditeur qui fixe le prix de vente. Mais on pourra toujours se demander quelle est la grille tarifaire appliquée, et quelle est la cohérence de la politique tarifaire ? La Concernade de Jean-Paul Demure, est vendu à 14,99 € – sous l’estampille Denoël, et Voleurs de chiens, de Giorda, est proposé à 8 €. Des titres que l’on trouve en papier pour quelques centimes à peine...

 

Nous reviendrons dans la journée sur cette grande avancée pour le patrimoine français, dont le coût et les conditions de numérisation intriguent désormais l'Assemblée nationale

 

Une question parlementaire a en effet été adressée à Fleur Pellerin, par le député socialiste Christophe Premat. Il s’interroge sur « le contrôle de l’argent public dans les opérations de numérisation des œuvres indisponibles ». Et sollicite l’avis de la ministre de la Culture, « sur la nécessité de réviser les conditions de la numérisation des œuvres indisponibles ».

 

Pour mémoire, une procédure est en cours, devant la Cour de Justice de l’Union européenne : le Conseil d’État s’est déclaré impuissant à trancher sur un point de la législation, qui pourrait apparaître comme contraire au droit de l’Union. En effet, les auteurs des livres, ou leurs ayants droit doivent se manifester pour empêcher la commercialisation de leurs œuvres, au format numérique. Une procédure que l’on nomme opt-out, et qui ne manque pas de poser question.

 

mise à jour : 

Le lien ePagine ne fonctionne plus. Pour l'heure, aucun cybermarchand ne propose les ouvrages. La société FeniXX en charge de la numérisation annonçait par ailleurs « 5 000 titres disponibles courant juillet, et plus de 10 000 titres à la rentrée ». Mais rien n'est manifestement apparu au mois de juillet.

 

Voir l'analyse des premiers fichiers

Oeuvres indisponibles : "Autant d’erreurs dans si peu de livres, c’est infernal"