Remplacer les coûts du papier par la lutte contre le piratage ?

Clément Solym - 11.04.2011

Lecture numérique - Acteurs numériques - lutter - pirater - ebooks


L'édition dépense beaucoup. Vraiment beaucoup. Dans la lutte contre le piratage. Mais également dans le recrutement de personnes qui sont des expertes, en dehors du secteur de l'édition.

Le piratage, d'abord, qui selon David Shelley, éditeur chez Little, Brown, frappe le livre numérique avec simplicité. Dans cette époque de bits, un ebook est aussi facilement piratable qu'un fichier MP3.

Ça coûte un bras !

Et les investissements dans la technologie, autant que l'expertise, pour venir à bout des pirates sont lourds. Des coûts qui ne sont pour autant pas dévoilés, mais qui se substituent aux investissements dans le développement de livres papier.

« L'argent dépensé pour l'impression et le papier sera consacré à des spécialistes de la lutte contre le piratage, et c'est une équipe nombreuse. Les sites pirates prolifèrent et nous examinons l'intégralité du web et investissons également dans des logiciels. Les coûts grandissent progressivement et pourraient échapper à tout contrôle. Il y a aussi les frais de justice, quand les sites refusent de retirer les contenus [contrefait]. »

Or, si les investissements dans le domaine sont lourds, ils le seraient encore plus pour un auteur indépendant, qui aurait décidé de quitter son éditeur pour mener seul sa barque. Vraiment ?

Et les bras m'en tombent...

Pour l'auteure Lisa Gee, présente autour de la table pour cette discussion, pour qui le piratage n'est pas effrayant. En rien. Salve d'applaudissements dans l'auditoire. Tout en nuançant : la peur est bonne à petite dose pour les auteurs, mais pas pour les éditeurs.
(via The Bookseller)

Côté français, nous avions appris d'Antoine Gallimard, président du Syndicat national de l'édition que le recours aux prestataires dans le cadre de l'Hadopi, était « relativement coûteux » pour le « petit marché » du livre numérique. (notre actualitté)

D'autant plus que l'Hadopi pourrait ne pas être la solution la plus appropriée, et manquerait, en dépit de ce que le gouvernement et le ministre souhaitent faire passer comme message, un tant soit peu de pédagogie.

De l'autre côté, Hachette Livre nous avait assuré que pour la première année d'utilisation d'Attributor, la solution de surveillance de fichiers, le coût était de 100 à 125.000 $. Un investissement qui avait manifestement été profitable.