Rendre attractif le prix de vente d'ebooks pour les jeunes

Nicolas Gary - 21.11.2013

Lecture numérique - Usages - jeunes consommateurs - livres numériques - pouvoir d'achat


Pour attirer les jeunes, il faudra manifestement que les éditeurs fassent des efforts tarifaires. Luke Mitchell, auteur d'un rapport sur les dépenses numériques des jeunes du Royaume-Uni montre que chez les 16-24 ans, le livre numérique n'est pas un bien culturel particulièrement attrayant.

 

 

Reading, the morning after.

Le jeune, en séance de lecture collective

ironypoisoning, CC BY SA 2.0

 

 

Buying Digital Content: Research on spending habits, needs and attitudes among UK 16-24s vient d'être publié par le cabinet d'analyse Voxburner. Selon ses conclusions, les jeunes perçoivent les livres numériques comme des ouvrages moins chers à produire que les imprimés. À ce titre, ils s‘attendent à ce que le prix de vente public soit plus intéressant.

 

« Quels que soient les politiques internes et les enjeux commerciaux au sein de l'édition, les jeunes ne s'en préoccupent pas. Tout ce qu'ils veulent, c'est un prix qui semble juste, ou meilleur que celui actuel. Leur message aux éditeurs serait : ‘Réglez le problème.'. »

 

Sur les 1420 personnes sollicitées dans le cadre de l'étude, menée entre le 25 septembre et le 18 octobre, 62 % des répondants assurent aimer mieux les livres imprimés, et 70 % qu'ils n'avaient pas dépensé d'argent pour l'achat d'ebook au cours du mois passé. 92 % sont en désaccord avec le tarif de vente aujourd'hui proposé. 

 

Selon les résultats, 17 % estiment que l'ebook devrait coûter aussi cher que le papier, contre 75 % pour qui il doit être moins cher. En outre, 28 % estiment que le prix de vente devrait être de 50 % moins cher. Ce qui donne à réfléchir, c'est que le jeune ne conteste pas du tout les avantages du livre numérique. 

 

« Les jeunes sont obsédés par la valeur de l'argent ; leur deuxième obsession, c'est la commodité, et voilà quelque chose sur lequel les éditeurs peuvent travailler : comment rendre attractif l'achat d'ebooks sur l'appareil préféré des jeunes ? »

 

Des jeunes bien renseignés

 

55 % d'entre eux disposeraient d'un lecteur ebook, alors que 85 %  possèdent un smartphone. Les usages et habitudes de consommation mériteraient d'être mieux pris en compte par les éditeurs. Par exemple, les bonus proposés dans le cadre de téléchargement de films, ont un fort pouvoir d'attractivité. Mais cette activité, nécessairement chronophage, ne doit pas trop mobiliser l'attention : l'important pour le jeune reste d'économiser son argent.  

 

Chose intéressante, les jeunes seraient mine de rien bien renseignés : parmi les témoignages que l'on retrouve sur la page de Voxburner, un certain Sean évoque les livres autoédités, qui ont « tendance à n'être pas chers ou gratuits, mais la qualité de l'écriture n'est pas nécessairement au rendez-vous ». L'envie d'accéder à des oeuvres de qualité reste donc importante.

 

D'autres ont pris leurs habitudes sur des sites de vente comme Amazon, profitant des opérations commerciales ponctuelles, notamment les KIndle Daily Deal. Philippa considère que le prix de vente des grands formats a augmenté de 6 à 9 £ au cours des dernières années, et se désole de voir que le prix des ebooks est parfois le même que celui de ces grands formats. 

 

« Tout n'est cependant pas perdu. Nos recherches ont montré que l'adoption de contenus numériques est en croissance. Si le prix est correct, le problème peut être compensé par un accès à de multiples titres abordables », conclut le cabinet. 

 

via The Bookseller