Rennes : des ereaders pour les détenus hospitalisés à l'UHSI

Clément Solym - 08.01.2013

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Un nouveau projet du Service pénitentiaire d'Insertion et de Probation (SPIP) est actuellement en phase de finalisation, avec les participations de la Médiathèque départementale d'Ille-et-Vilaine et Livre et lecture en Bretagne. L'Unité hospitalière sécurisée interrégionale rattachée au CHU de Rennes, la septième de France, concerne l'hospitalisation des détenus incarcérés dans les centres pénitentiaires du Grand Ouest, en Bretagne, Basse-Normandie et Pays de Loire.

 

 

conférence au sein des locaux de l'UHSI (crédits : ARS)

 

 

L'objectif de l'opération concerne l'acquisition de supports de lecture numérique, afin d'en équiper les détenus hospitalisés au sein de l'Unité Hospitalière Sécurisée interrégionale basée à Rennes. La démarche peut d'ores et déjà s'appuyer sur les bibliothèques locales, et ses initiateurs espèrent obtenir le soutien de la DRAC, explique le directeur du SPIP départemental d'Ille-et-Vilaine, Édouard Foucaud, dans un entretien exclusif. 

 

Permettre l'accès à la culture aux détenus

 

L'Unité Hospitalière Sécurisée Interrégionale rattachée au CHU de Rennes, la septième de France, concerne l'hospitalisation des détenus incarcérés dans les centres pénitenciaires du Grand Ouest, en Bretagne, Basse-Normandie et Pays de Loire.

 

Comme le rapporte le site Web de Livre et lecture en Bretagne, le projet du SPIP vise à équiper d'ereaders chacune des chambres destinées à accueillir des détenus hospitalisés. En outre, il devrait proposer à ce lectorat des contenus attractifs et adaptés à leurs demandes (langues, tailles de caractères,...).

 

Ainsi le projet s'inscrit dans la mission poursuivie par l'institution de « permettre l'accès à la culture pour les détenus », souligne le directeur du SPIP, Edouard Foucaud contacté par ActuaLitté. Une démarche qui concerne la lecture, l'accès à la bibliothèque comme à la culture au sens large.

 

 

Des contraintes pour une initiative bien accueillie

 

Monsieur Foucaud précise : « Une unité a été créée au sein de l'UHSI. Des détenus sont orientés vers celle-ci pour des temps très courts et dans une structure de petite taille. Nous devions composer avec un certain nombre de problématiques, et notamment matérielles. Il y avait déjà eu une expérimentation de la lecture numérique dans le centre pour peines aménagées de Gradignan, en Gironde, et nous avons trouvé le concept tout à fait adapté.  »

 

« On y voit plein d'avantages. Tout d'abord, les appareils sont rattachés à chaque chambre, ce qui évite les problèmes de pertes. La solution numérique nous permet de proposer déjà plus de 200 livres en quelques jours, et d'avoir des fonds documentaires en langue étrangère pour les détenus qui ne lisent pas le français. La possibilité d'agrandir les caractères pour ceux qui ont des problèmes de vue est également un atout. D'autre part, il existe un intérêt hygiénique, pas de passage d'une chambre à l'autre et un nettoyage simple avec une lingette, ce qui a convaincu le personnel de l'unité hospitalière. »

 

 

Ouvrir un lecteur ebook, fermer une prison ?

 

Le directeur a également souligné l'aspect ludique des ereaders, passant notamment par leurs couleurs attractives, et qui devraient permettre d'attirer « des gens qui ne vont pas forcément vers le livre ». À ce titre, le SPIP prévoit de répondre également courant 2013 à l'attente des détenus en matière d'ajout de musique.

 

Mais le service ne perd pas de vue sa fonction qui est d'encadrer un public particulier de détenus, et les exigences qui l'accompagnent en matière de sécurité. C'est pourquoi, en lien avec une librairie rennaise, il s'est procuré du matériel non communicant, sans fonction Bluetooth ni autre connexion WiFi dont l'usage aurait risqué d'être détourné par les prisonniers.

 

Anne Le Cocguen, directrice pénitentiaire d'insertion et de probation, en charge de l'intervention du SPIP au sein de l'UHSI, a conclu : « Le projet a été relativement bien accueilli par le public et le personnel pénitentiaire, tout comme par le corps médical. »