Réseaux sociaux : une faille dans le système

Auteur invité - 11.02.2020

Lecture numérique - Usages - faille système réseaux - auteurs réseaux sociaux


À l’heure où les réseaux sociaux acquièrent une importance commensurable dans la communication des maisons d’édition, la part des auteurs dans leur promotion prend une autre tournure : ils peuvent entretenir une relation directe avec leur public sur les réseaux sociaux. 



 
Cet investissement de la part d’un auteur envers ses lecteurs, à grande échelle, est un véritable outil commercial, mais la limite entre l’investissement personnel et professionnel devient aisément floue... 
 

Du CM au MP


Tandis que les structures d’édition emploient généralement une personne en charge de la communication digitale (Community Manager), un auteur n’est pas rémunéré sur la promotion qu’il effectue sur ses réseaux sociaux. Ses parts sont certes calculées sur le nombre de livres qu’il vend, mais le temps passé à échanger avec ses lecteurs ne lui accorde pas une rémunération supplémentaire. 

Ce système se base donc sur le bon vouloir de l’auteur en question, sur sa volonté d’étendre sa communauté, mais la maison d’édition y est dans tous les cas bénéficiaire. Certaines vont même jusqu’à former leurs auteurs pour qu’ils aient les codes d’un bon communiquant.

Tatiana de Rosnay, Franck Thilliez, Christelle Dabos, Samantha Bailly, Olivier Norek... Voilà des auteurs bien investis dans leur promotion sur les réseaux sociaux, que ce soit Facebook, Instagram, Twitter ou YouTube. Leur communauté est grande, leurs publications assidument suivies, et leur portée dépasse même parfois celle de leur propre maison d’édition. 
 

Rémunérer la communication...


Bien entendu, ces auteurs ne sont pas à plaindre : ces followers leur sont fidèles et achètent leurs livres, cela se ressent sur leurs ventes et donc sur leur rémunération. Mais si ce temps investi dans les réseaux sociaux est le même que celui qu’un Community Manager y consacre, alors pourquoi ne sont-ils pas rémunérés en conséquence ? 

L’édition est une organisation bien pensée. Un auteur aux fortes ventes pourrait aisément se tourner vers l’autoédition pour augmenter son revenu, mais favorise le prisme de l’édition traditionnelle pour le prestige qu’elle dégage. 

Il est bien plus difficile d’accéder aux grands prix littéraires lorsqu’on ne fait pas partie intégrante de ce système, l’affaire de Marco Koskas et son livre autopublié nous l’a bien prouvé en 2018 (un livre autopublié figurant sur une liste de prix crée instantanément le scandale).

Ce système a déjà été remis en cause à travers les débats sur la rémunération des auteurs lors de leurs interventions auprès du public, notamment au salon Livre Paris, et mérite autant d’être questionné sur le sujet des réseaux sociaux : l’écriture est avant tout une passion, mais elle est surtout un métier, et ce métier implique une certaine promotion si l’on veut en vivre. Somme toute, un travail qui exige salaire. 

Il y a certes des nuances à remarquer sur ce système : l’auteur est libre de tout engagement et est maitre de son image. Cela peut également lui permettre de négocier de meilleures parts sur son livre. 

Mais le risque repose dans les intérêts communs des réseaux sociaux pour la maison d’édition et l’auteur, qui font que la manipulation est facile à mettre en place et l’entourloupe d’autant plus grossière. L’auteur se doit de questionner en long et en large ces négociations pour éviter à tout prix d’être exploité gratuitement sans véritablement bénéficier du profit. 

 
Dossier : Lecteurs, communauté et réseaux sociaux : promouvoir le livre


Article réalisé et publié dans le cadre des travaux menés avec les élèves du Master 1 Apprentissage de l’université de Villetaneuse — Paris 13, spécialité Commercialisation du livre. Les étudiants sont invités à écrire sur un sujet lié au monde de l'édition, suivant des consignes de rédaction journalistique.  



Commentaires
C'est la raison pour laquelle, les Editions du Net reversent 40 % droits d'auteur sur les ventes directes puisqu'elles sont directement générées par le travail de l'auteur. Grâce à cette relation directe avec leurs lecteurs, les auteurs vont prendre le pouvoir dans l'édition.
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