Retrait des DRM du catalogue d'Image Comics

- 03.07.2013

Lecture numérique - Usages - verrous - digital rights management - format ouvert


La décision est à marquer d'une croix blanche. Mardi, le troisième plus gros éditeur américain du genre, Image Comics a ôté de ses fichiers toute présence de DRM. En conséquence, et pour la première fois, les fascicules et omnibus numériques seront téléchargés une fois pour de bon. C'est à sa propre convention que la maison d'édition a annoncé que désormais ces PDF, EPUB, CBR et CBZ seront acquis une bonne fois pour toutes moyennant achat via son site web.  Désormais, les utilisateurs pourront conserver les fichiers tant sur leur ordinateur que sur leurs appareils mobiles.

 

 


Titre phare d'Image Comics

 

 

Éditeur d'Image, Eric Stephenson a indiqué au magazine Wired : « Mon propos sur le piratage est qu'il est néfaste pour le divertissement ». Les formalités étant posées, Stephenson pousse l'analyse vers un discours rarement entendu dans l'édition : « Il y a une forte corrélation entre les mauvaises productions qui ne sont pas beaucoup téléchargées, tandis que les choses qui sont populaires ont un taux de piratage plus grand. Si vous publiez un bon comics, même si quelqu'un le télécharge illégalement, si les gens l'apprécient, alors il y a  une forte probabilité que les gens l'achètent. »

 

La vision a le mérite d'être franche, honnête et de rappeler un état de fait souvent oublié de l'industrie du divertissement, il n'y a pas de lien entre grande consommation illégale et refus d'acheter. Phénomène particulièrement visible chez les trentenaires, les pirates ne sont pas les moins consommateurs d'offre légale, bien au contraire. Ils seraient les plus gros consommateurs de l'industrie musicale (voir compte-rendu du Guardian), voir un compte-rendu du gardian L'éditeur fait mentir cette adéquation abusive du « une copie pirate = une vente en moins ».

 

Pratiques fossiles et « idées calcifiées »

 

Il poursuit toujours nuancé : « Naturellement, nous ne voulons pas que les gens donnent des exemplaires à des milliers d'amis, mais cet argument comme quoi l'enregistrement sur cassette à la maison devait tuer la musique remonte aux années 70. Cela n'est jamais arrivé. Et je ne pense pas que cela arrivera maintenant ».  Plus loin dans l'interview, il concède le temps qu'il faudra pour changer des « idées calcifiées ».

 

De son côté, Ron Richards, responsable du développement rappelle que les titres seront toujours disponibles sur les grandes plates-formes numériques (Comixology et iBooks en tête) mais qu'avec le risque de perte de données le téléchargement client direct est important.  En cas de plantage de serveurs de Comixology, « vous n'avez plus rien », explique-t-il.  La charge est rude, mais se base sur des évènements récents.

 

Deux jolis couacs intervenaient en l'espace d'un mois pour Comixology. La forte demande autour de l'offre de 700 n°1 de séries gratuits par Comixology avait mis à genoux les serveurs de la société, chargement comme consultation de titres. Mais aussi les retraits intempestifs de séries jugées indécentes de l'appli sur iOS. En avril dernier, un numéro de Saga de Brian K. Vaughan, publié chez Image Comics, avait été retiré pour respecter la politique très sévère d'Apple .

 

Jusque-là,  la présence de verrous avait posé de véritables impasses commerciales. Secteur particulièrement touché, des plates-formes de diffusion en flux vidéo de japanimation sur abonnement avaient fermé sans que les usagers ne puissent garder une copie des fichiers acquis légalement.