Rowling dans la bibliothèque d'Amazon : pas que des heureux

Clément Solym - 14.05.2012

Lecture numérique - Usages - Pottermore - ebooks - bibliothèque


À partir du 19 juin, l'ensemble des livres numériques de la saga Harry Potter, ainsi que les audiobooks, seront proposés gracieusement dans la Kindle Owner's Lending Library. La bibliothèque d'Amazon offrira donc à ses clients Premium, de pouvoir télécharger et lire sans peine, les livres de la série. 

 

Jeff Bezos, PDG d'Amazon, s'expliquait : « Nous sommes absolument ravis d'avoir conclu cet accord avec Pottermore. C'est le genre d'investissement important dans l'écosystème Kindle que nous allons continuer à réaliser, pour les propriétaires de Kindle. » Quand de son côté, le PDG de PottermoreCharlie Redmayne, assurait que les pertes de ventes seraient compensées par les conditions de l'accord commercial. (voir notre actualitté)

 

Mais ce droit de prêt n'a pas que des défenseurs. Pour compter parmi les membres du club Amazon Prime, qui permet des remises et des avantages (sur les frais de port, ou dans les contenus, ebooks y compris, donc), il faut verser 79 €. Or, le Wall Street Journal fait état de grognements farouches... venant d'éditeurs.

 

 

 

En effet, on se souvient que la bibliothèque d'Amazon n'avait pas enchanté tout le monde. Les grands groupes d'éditions étasuniens avaient même refusé d'y prendre part, contraignant Amazon à puiser dans le stock de ses auteurs indépendants, pour étoffer son catalogue d'ebooks à prêter. Ainsi, voir Harry Potter débarquer dans la bibliothèque n'est pas du meilleur goût, selon eux.

 

Les éditeurs étaient contre l'idée de proposer leurs livres dans les conditions proposées par la firme de Seattle. Surtout que la société avait tenté de faire passer la pilule en prêtant des livres numériques, sans véritablement en avertir les éditeurs. Le contrat d'agence permettrait cette petite subtilité, et de payer les éditeurs tout de même. 

 

Pour l'instant les différents éditeurs qui avaient refusé le projet de bibliothèque ne semblent pas être revenus sur leurs déclarations, ni leurs intentions. 

 

James McQuivey, analyste chez Forrester Research, estime que Pottermore doit profiter des milliers de dollars qu'Amazon injecte dans sa bibliothèque de prêt, et d'estimer les sommes à des millions de dollars. De quoi largement compenser les ventes, de fait. Chez Amazon comme chez Pottermore, on ne commente pas ce point - et l'on renvoie aux propos de Bezos, qui faisait état d'un « investissement important », tout sobrement. 

 

Mais d'un autre côté, c'est aussi un grand pas en avant dans la privatisation du service de bibliothèque et de prêt de livres numériques. Une telle offre pousse les consommateurs dans l'environnement Kindle, avec un tout petit peu de forcing pour les inviter à contracter l'Amazon Prime. 

 

Les parades nuptiales répétées d'Amazon pour séduire les éditeurs ne manquent pourtant pas. En janvier dernier, un expert de la firme avait assuré que les ebooks proposés dans le cadre de la bibliothèque provoquaient une augmentation des ventes. « 19 % de nos clients ont emprunté The Hunger Games, depuis la Kindle Owners Lending Library, et plus tarde, ont acheté l'un des autres livres de la trilogie au lieu d'attendre trente jours pour en emprunter un autre. » (voir notre actualitté)

 

Alors, heureux ?




Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.