Rowling : Les copies pirates du polar sous pseudo se multiplient

Nicolas Gary - 21.07.2013

Lecture numérique - Législation - copie pirate - JK Rowling - Robert Galbraith


C'est la rance rançon du succès, et la première crainte que les libraires américains ont exprimée : depuis que Robert Galbraith s'est révélé n'être autre que JK Rowling écrivant sous pseudonyme, les ventes du livre en format papier ont explosé. Sauf que personne dans la maison d'édition Mulholland Books n'avait prévu que la véritable identité serait dévoilée. Et que l'on tente désormais de faire face à la demande, avec l'impression de plusieurs centaines de milliers d'exemplaires.

 

 

 

 

« Les lecteurs qui ne peuvent pas l'obtenir en papier vont courir l'acheter en numérique. Le temps que les livres arrivent, dans plus d'une semaine, les gens l'auront lu sur un quelconque appareil. Je suis vraiment très soucieuse » explique une libraire de l'Arizona. Dans le cas de ces succès aussi incontrôlés qu'inattendus, l'ebook a indéniablement une longueur d'avance...

 

Or, qui parle d'ebook sous-entend aussi que des copies numériques illégales se mettent à circuler . Cela n'a d'ailleurs pas tardé : depuis le 14 juillet, le jour même des fameuses révélations, un premier exemplaire numérique en format EPUB a été uploadé sur les réseaux Torrent. 

 

Rien d'étonnant puisque l'identité de Robert Galbraith a été percée à jour. Le lendemain, le 15 juillet, un PDF suivi d'un package EPUB, PDF et MOBI débarquaient, ainsi que d'autres exemplaires, ainsi que de l'audiobook. 

 

Nous avons pu nous assurer que les livres étaient les versions originales, attendu que le livre de Robert Galbraith était déjà commercialisé en version numérique depuis sa publication, en avril dernier. Et ce n'est qu'au moment de la fuite que les premières copies contrefaites ont surgi... Jusqu'à lors, l'intérêt des pirates pour cet auteur de polar était donc inexistant.

 

« J'avais espéré garder ce secret un peu plus longtemps, parce qu'incarner Robert Galbraith fut une expérience libératrice. Ce fut merveilleux de publier sans exubérance ni attente. Et un pur plaisir de recevoir des commentaires sous un nom différent », expliquait la maman de Rowling, qui a mené également sa petite enquête. 

 

« Aujourd'hui, j'ai découvert la façon dont la fuite sur la véritable identité de Robert s'est produite. Seul un petit nombre de personnes connaissait mon pseudonyme et il n'a pas été très agréable de me demander pendant des jours comment une femme dont je n'avais pas entendu parler avant dimanche soir a pu découvrir quelque chose que beaucoup de mes plus vieux amis ne savaient pas », a déploré Rowling.

 

En réalité, la fuite venait donc de son cabinet d'avocats, le cabinet Russels : « Dire que je suis déçu est en dessous de la réalité, je pensais pouvoir compter sur toute la confidentialité de la part de Russels, un cabinet réputé et professionnel, et je suis très en colère de constater que ma confiance était mal placée. »

 

Les excuses des avocats du cabinet, présentées dans la foulée, ne changeront probablement pas grand-chose à la situation. Surtout que maintenant, la filiale de Little, Brown devra composer avec des pirates très attirés par l'ouvrage... En France, la maison Grasset doit publier ce livre, au mois d'octobre prochain.