Russie : l'édition se débat toujours avec le piratage

Clément Solym - 05.07.2012

Lecture numérique - Usages - Russie - livre numérique - piratage


Le marché du numérique en Russie est en pleine expansion. Les ventes de readers sont bonnes et l'offre en appareils est variée. Le format le plus courant est ouvert, le FB2. Alors qu'est-ce qui cloche aux pays des toundras et des clochers à bulbe ? Le piratage, qui s'octroie 90 % de l'offre numérique, et pour cause : le catalogue légal est considérablement moindre par rapport aux livres proposés en téléchargement illégal.


Moscow's Red Square



« Au dernier Salon du Livre de Moscou, Vladimir Gregoriev plaçait le tournant pour l'édition numérique au moment où Amazon a déclaré vendre plus de livres numériques que papier. Pour moi, c'est plus le jour où je suis descendu dans le métro moscovite pour compter combien de voyageurs lisaient en numérique. Et il y en avait nettement plus que pour le papier » témoignait Andrey Gelmiza, PDG de la maison d'édition numérique et association de diffusion Knigabyte au dernier Salon du Livre de Paris. (voir notre actualitté)

 

Le potentiel est donc là : d'autant plus que le vaste territoire russe est particulièrement adapté à la distribution numérique, affranchie de toute la logistique qui impactait sévèrement sur le livre papier (80 % des livres papier sont vendus à Moscou et Saint-Pétersbourg). Le Pocketbook, vendu pour 190 £ (230 € environ) représente 43 % de parts de marché, devant le Sony reader (24 %), et reste le plus plébiscité par les lecteurs russes.

 

L'offre légale, limitée à 30.000 titres contre 250.000 pour le réseau illégal, (voir notre actualitté) est nettement à la traîne, et même les auteurs de best-sellers peinent à dégager des revenus suffisants de l'exploitation numérique de leurs ouvrages : l'auteur de SF Sergey Lukyanenko partage sur son blog les résultats des ventes Kindle sa série Watch. « Je commence par la fin, avec les résultats "Kindle". J'en ai vendu 55 exemplaires, 23 avec des droits d'auteur de 35 %, 32 à 70 %. Les revenus s'élèvent à... roulements de tambour... 204,41 $. »

 

Certes, Amazon ne dispose pas du même monopole en Russie qu'aux États-Unis, mais un tel résultat est particulièrement inquiétant : « Pour recevoir une somme importante de la vente des livres numériques, l'auteur devra être outrageusement populaire » conclut Lukyanenko. Les éditeurs russes se sont engagés à mettre le paquet sur la numérisation, mais aussi à revoir à la baisse les prix de l'offre légale.

 

Une étape indispensable pour la pérennité du modèle économique : si la lecture numérique continue son développement, les ventes légales pourraient représenter seulement 5 % du marché total, avec 58 millions £, en 2017, note Sergei Anurev, directeur général de LitRes, une plateforme légale.




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