Salon du Livre : les grands éditeurs jeunesse investissent le numérique

Clément Solym - 16.03.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - gallimard - jeunesse - numérique


C'est le micro grésillant d'interférences – les Assises du Livre se déroulent à deux pas – que Gallimard jeunesse invite à faire un point sur la lecture numérique dédiée aux plus jeunes.

En compagnie d'Isabel Vitorino (Hachette, éd. Black Moon), Anne de Lilliac (Fleurus) et Mathilde Bonte-Joseph (Nathan jeunesse), Hedwige Pasquet (Gallimard Jeunesse) décline les alternatives numériques.

 

S'il y a « beaucoup de projets de natures différentes », et « une variété d'ouvrages numériques », Hedwige Pasquet réexpose le format ePub, le livre enrichi et les applications qui sentent bon la pomme. Et pour ceux qui ne sont pas coutumiers de la tablette, la responsable de chez Gallimard se fend d'une petite démonstration d'utilisation de l'Ipad. Rien de bien révolutionnaire donc, mais cette rencontre est l'occasion de rappeler que le format numérique fait les yeux doux aux parents.

 

On ne s'attardera pas au format standard qui propose une restitution fidèle de l'imprimé pour enfant. La responsable Gallimard Jeunesse détaille d'avantage le contenu mis en valeur par l'ePub fix layout, notamment les recueils de poésies ou livres illustrés. Pour « garder l'unité du vers », et « le reflet exact » de l'incrustation d'illustration de texte », le système de maquette fixe traduit fidèlement le format papier. Seul regret, Hedwige Pasquet déplore que « toutes les plateformes ne le supportent pas mais ça viendra ».

 

 

Mais avec le développement des tablettes, les éditeurs jeunesse s'intéressent plus que jamais aux applications tactiles. « Que se passe-t-il quand il y a des images ou du son ? Qu'est-ce que ce support propose, et quelles sont ses contraintes ? », demande Anne de Lilliac de chez Fleurus.

 

Et T'choupi et consorts de se prêter à des aventures devenues tactiles pour répondre à la question.

A la manière des audio-disques de notre enfance, une voix-off narrative invite l'enfant à tourner les pages et, chose nouvelle, interagir avec les éléments présents à l'écran d'un simple tapotement de doigt. Profitant des dernières innovations en termes d'animations, l'enfant bénéficie d'une progression filmée en plans séquences.

 

Une nouvelle utilisation adaptatée en fonction de l'âge qui « pousse à repenser la composition editoriale du livre » et travailler la scénarisation, explique la responsable de chez Nathan

 

 

Si ils offrent une plus grande liberté, ces formats souffrent d'être exclusifs à leur support d'origine. Compliqués à vendre, mal référencés sur l'App Store, le constat de la responsable de chez Gallimard Jeunesse ouvre la porte aux questions plus incisives. Alors que l'ePub était présenté comme un format simple de fabrication, la justification de son prix crispe quelques sourires.

 

On nous rétorque que le modèle marketing n'existe pas et qu'il s'agit de créer le marché. Pour l'heure, la priorité est donnée à l'étoffement du catalogue. Qui de proposer 20% de réduction par rapport au grand format, qui de proposer une offre d'échantillons à l'instar des singles musicaux. Et se défendent de proposer des portages d'oeuvres du domaine public à prix dérisoire. Du frelaté où les chapitres peuvent être mélangés si ce n'est absents, nous répond-t-on. Là aussi, on invoque un coût. Et Gallimard d'apporter le dernière argument : ne pas casser le marché du livre grand format à sa sortie.