Sans DRM, les lecteurs sont-ils plus responsables ?

Clément Solym - 26.04.2012

Lecture numérique - Usages - Pottermore - verrou numérique - Harry Potter


Les Digital Rights Management (DRM) n'ont plus la cote, et l'industrie du livre s'engage tout doucement sur les traces de celle de la musique, qui a désormais abandonné ce système de verrou numérique, voulu comme une protection efficace au piratage. Contraignant tout en s'avérant extrêmement simple à faire sauter, (voir notre actualitté) le DRM a été mis de côté par Rowling pour ses ebooks : quelques semaines après la commercialisation, qu'en est-il du piratage ?

 

Premier constat : les pirates ne manqueraient pour rien au monde une fête aussi démente que le lancement des ebooks Harry Potter. Du coup, quelques heures à peine ont été nécessaires pour que certains sites proposent les fichiers en téléchargement : Nate Hoffelder, de The Digital Reader, notait toutefois que le travail portait la signature d'un amateur, puisque le watermarking des fichiers était toujours visible (cela signifie aussi que Hoffelder l'a téléchargé, les besoins du métier). Le journaliste constate aussi que le système de protection est « bien plus subtil » que ce qu'il avait imaginé.

 

 

« Je suis surpris que quelqu'un veuille encore pirater ces ebooks, étant donné le verrou numérique désormais connu qui y est apposé » note Hoffelder. Et les faits semblent lui donner raison : Harry Potter, du moins en version numérique Pottermore, n'attire pas les pirates, ou plutôt, ne fait pas vraiment recette. Charlie Redmayne, le PDG de Pottermore, explique ainsi que la communauté des « pirates » elle-même a réagi. « Ils ont dit "Hé mec, voilà un éditeur qui fait exactement ce que l'on demande : pas de DRM, de l'interopérabilité, un prix raisonnable. Et d'ailleurs, tu n'es pas au courant que ton fichier est watermarké ? Ils savent qui tu es !" Et puis le contenu piraté a commencé à être signalé par la communauté, avant même que Pottermore réagisse. »

 

Ça redonne foi en l'humanité non ? Bon, on espère juste que le pirate un peu naïf ne s'est pas retrouvé pendu par les pieds à l'une des aiguilles de Big Ben, pendant que Rowling et la Reine Mère lui jettent des exemplaires - papier - d'Harry Potter au visage. Ce modèle de parfaite harmonie consommateur/éditeur fonctionnera-t-il systématiquement ? On peut penser que non, puisque Harry Potter est un cas à part, un héros et une auteure suivis par des milliers d'admirateurs purs et durs. Mais il est évident que la bienveillance de l'éditeur à l'égard de ses clients est bien plus efficace que des restrictions en carton.




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