Sarkozy lance les pistes d'une Hadopi 3: objectif, le 'streaming illégal'

Clément Solym - 19.11.2011

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A Avignon, le président de la République a confirmé travailler sur les bases d'une troisième version de la loi Hadopi lors du G20 de la culture consacré, à la création culturelle à l'ère du numérique.

 

Cette réforme (la troisième en deux ans, un classique sous l'ère présidentielle actuelle) inclura la taxation des FAI (« extrêmement prospères ») pour le financement d'un Centre national de la musique « destiné à favoriser la création musicale » sur le modèle du Centre national du cinéma.

 

 

Il s'agit plus globalement, pour Nicolas Sarkozy, de protéger la création artistique en s'appuyant plus que jamais sur les droits d'auteurs et la « fiscalité numérique ».

 

Faisant les louanges d'Hadopi, le chef de l'État a pris pour nouvelle cible les sites de « streaming illégal qui font des ravages » et qu'il « faut combattre ». « Je n'accepte pas qu'on tire un profit commercial du vol des oeuvres », a insisté le président.

 

« Aujourd'hui, il y a 35 % de piratage de moins », a-t-il encore ajouté, avant de s'interroger : « Le jour où il n'y a plus de musique, le jour où il n'y a plus de cinéma, le jour où il n'y a plus d'écrivains, qu'est-ce que votre génération ira chercher sur internet ?».

 

Tout cela est très joli, mais demeure globalement révélateur d'une parfaite mauvaise foi de la part du chef de l'État. « 35% de piratage en moins » grâce à Hadopi ? Ce chiffre sort de nulle part et serait de toute façon impossible à établir.

 

Malgré le piratage, le streaming légal et illégal, la télévision connectée, le cinéma va très bien, merci pour lui, avec une fréquentation record des salles en 2010. La crise qui touche la musique est aujourd'hui reconnue tout autant structurelle que conjoncturelle, avec un secteur encore en mutation, et ne peut en rien être attribuée à la seule piraterie.

 

Et quand le président parle de « vol des oeuvres » pour le piratage, l'ancien avocat devrait savoir qu'il profère là une énormité juridique.

 

Concrètement, les propos de Nicolas Sarkozy ignorent encore les lacunes des offres légales de films (qui restent faibles). Quant au livre, la problématique encore aiguë de la faiblesse qualitative et quantitative de l'offre, ne peut que laisser songeur après le discours du chef de l'État.


Rappelons également que l'industrie ne passera manifestement pas par Hadopi pour le livre numérique, puisque le SNE a décidé de laisser tomber pour le moment ce dossier.