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Selon GfK, les ventes d'ebooks vont régresser en France pour 2012

- 28.08.2012

Lecture numérique - Usages - livres numériques - vente - France


Alors comme ça, le livre numérique décolle ? Fabuleux... Ce sont les pure-players, oubliés des chiffres de vente GfK, très probablement, qui seront ravis de l'apprendre. Car le cabinet d'analyse vient de livrer quelques chiffres sur les résultats 2012 en matière de vente, qui ne manquent pas de faire sourire...

 

 

 Le PRS de Sony, dédicacé par Marc Levy

 

 

En effet, selon les informations livrées, la croissance du livre numérique, en 2015, devrait atteindre 55 millions €, rapporte l'AFP. Et cette année, on devrait même dépasser la barre des 21 millions €, contre 12 millions € réalisés l'an passé, au travers de 1,1 million d'ebooks payants téléchargés. 

 

Une croissance de 80 %, donc, en regard de 2011, soutenue, ce n'est rien de le dire, par une croissance des ventes de lecteurs ebook. « Aujourd'hui, de 80.000 à 100.000 Français sont équipés en liseuses, soit le double ou le triple de l'an dernier », expliquait hier Michael Dahan, directeur général de Bookeen. (voir notre actualitté

 

Mais pour GfK, le parc de lecteurs ebook (écran noir et blanc) aurait été de 27.000 pièces en 2010, puis 145.000 en 2011 et pour 2012, on en prévoirait 300.000. Magnifique. Car, si l'ordinateur reste, selon le cabinet, l'outil privilégié pour lire des livres numériques, les différents appareils utilisables pour la lecture numérique semblent gagner en importance.

 

Sauf que... tout cela ne va pas sans poser quelques problèmes. Impensable de croire que GfK se soit trompé dans ses prévisions, certes, mais si l'on considère les résultats donnés par le Syndicat national de l'édition, dans son rapport d'activité 2011, tout porte à croire que le livre numérique a déjà, allégrement, dépassé les projections de GfK. 

 

De fait, l'ebook représenterait entre 1 et 2 % du chiffre d'affaires des éditeurs membres du SNE - lequel chiffre d'affaires était de 2,8 milliards € pour l'année 2011. Ainsi, on peut découvrir : 

 

Le revenu net des éditeurs de livres (clubs et cessions de droits compris) est passé de 2 838 millions d'euros en 2010 à 2 804 millions d'euros en 2011, soit une légère baisse de -1,2%, pour un maintien des  ventes en volume à 450,5 millions d'exemplaires (-0,3% à périmètre constant).

Ce chiffre d'affaires net éditeurs est à comparer au marché du livre, évalué par GfK à partir des ventes en sortie de caisse de leur panel, à 4,3 milliards d'euros, chiffre stable en 2011. Selon GfK, le livre représente 52 % du marché des biens culturels.

Les cessions de droits sont en hausse de +3% à 135 millions d'euros, après avoir progressé de +3,9% en 2010. Elles se confirment comme un relais de croissance de l'édition française, notamment les cessions de droits étrangers, en forte progression de +7,3% en volume en 2011 (après +10% en 2010).

Les revenus de l'édition numérique sont en hausse de +7,2% de 52,9 à 56,8 millions d'euros. L'édition numérique ne représente encore que 2 % du chiffre d'affaires des éditeurs en 2011. Elle voit s'accélérer la substitution du numérique sur support physique par le numérique en ligne. Ainsi, le livre numérique sur support physique, en recul à 21,5 millions d'euros (- 38,5 % ), est dépassé pour la première fois par le livre numérique en ligne, qui double ses ventes à 34,8 millions d'euros (+98%), représentant 1,2% du chiffre d'affaires de l'édition en 2011.

Au chiffre d'affaires de 56,8 millions d'euros de l'édition numérique stricto sensu (hors revenus de diffusion numérique) s'ajoutent les ventes d'applications de lecture sur smartphones et tablettes, qui augmentent rapidement (+129,3%), mais ne représentent encore que 800 000 € euros de chiffre d'affaires pour le panel numérique du SNE. Les statistiques de l'édition numérique ne distinguent pas encore les ventes par catégories éditoriales, mais dans le détail des données, on constate une hausse du nombre de répondants (80 au lieu de 50 en 2010), en particulier d'éditeurs de BD. Les éditeurs de littérature générale sont également plus nombreux et voient leur activité se développer. (source SNE)

 

 

Et quand bien même il faudrait distinguer les livres numériques physiques (téléchargements, lectures en streaming), des ebooks en ligne, ainsi que nous le précisait le SNE. (voir notre actualitté)

 

Sollicité par ActuaLitté, personne n'était chez GfK pour nous expliquer comment il était possible que le SNE annonce 34,8 millions € de CA pour le livre numérique en ligne en 2011, et le chiffre de 21 millions € annoncé pour 2012...