Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Serial experimentateur : 12 semaines de publications Internet

Clément Solym - 23.05.2013

Lecture numérique - Usages - William Sharpe - expérimentation - publication numérique


Ces brèves - éphémères ? - aventures éditoriales sont encore assez anecdotiques pour être remarquées. Celle de Matthew Sharpe atteste d'une volonté « d'expérimentation en autoédition sur internet ». Le projet est simple : douze micro-fictions, publiées sur 12 semaines, articulées autour du fantastique et du mélange assez spécifique au style de l'auteur. 

 

 

 

 

Selon le Los Angeles Times, qui se fait l'écho de cette opération, Sharpe compte un recueil de nouvelles et quatre romans publiés chez des éditeurs classiques - notamment l'ouvrage Jamestown, qui prend place dans le début du XVIIe siècle de la Virginie. Science, fiction, satire et dystopie s'entremêlent en brouillant ostensiblement les frontières. 

 

Bref, pour le projet de publication de micro-fictions, tout est assez simplement disponible sur le blog de l'auteur, en anglais, donc. 

 

La contrainte n'est pas non plus folle, quoiqu'elle aurait pu séduire l'Oulipo : un seul paragraphe, pas de lien hypertexte ni de contenu multimédia, et un seul paragraphe de 600 mots. Le tout s'articule sur la relation entre une professeure d'histoire à l'école, avec un enfant qui se trouve au fond de sa classe. 

 

Sauf que l'enfant porte la capuche de son pull noir sur sa tête, et que l'enseignante est terrorisée à l'idée de lui demander de rabattre ladite capuche. Dans une culture américaine de la violence à l'école et de l'aliénation, explique l'auteure, cette demande de la prof pourrait entraîner de multiples possibilités. 

 

En guise de modèle économique, l'auteur propose de venir et revenir sur le site, si l'histoire a séduit, et de faire un don d'un dollar de temps en temps, pour l'encre numérique et le plaisir de la lecture. Il ne précise pas si les réactions des lecteurs influenceront le fil de la narration, ni s'il souhaite travailler sur l'interaction par ailleurs. 

 

Après tout, l'écriture de Sharpe a l'habitude de partir dans des directions inattendues - une véritable caractéristique - avec une simplicité et une beauté étrange, assure le LA Times... à suivre donc.