Sites pirates : Google préoccupe News Corp et Harper Collins

Antoine Oury - 10.06.2014

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Dans les relations délicates entre industries culturelles et Internet, les fournisseurs d'accès ont souvent tenu le rôle de l'intermédiaire à taxer, histoire d'équilibrer les pertes économiques générées par le partage illégal des oeuvres. À présent, le groupe News Corp, inquiet du piratage qui brouille la diffusion de la série Game of Thrones, demande à Google d'intervenir à la racine du problème.

 


Burnin' and Lootin'

Le trésor du piratage, partagé par Google ? (brett jordan, CC BY 2.0)

 

 

« Pour une société dotée d'un algorithme qui peut savoir où l'on est et ce que l'on fait, maintenir l'ignorance quant au piratage est une contradiction indéfendable », assure le CEO du groupe News Corp, Robert Thomson. Il souligne que le moteur de recherche peut retirer les sites pirates de ces résultats, une fois ces derniers identifiés, et assure qu'il serait bon d'améliorer l'algorithme, de telle manière qu'il supprime automatiquement les sites frauduleux, coupables de partage illégal.

 

Jusqu'à présent, Google a résisté à ce type de demandes : d'abord, parce qu'il est évident que le moteur de recherche profite de ces requêtes pour des contenus gratuits, en partage illégal. Mais aussi parce qu'une telle modification supposerait que seuls des sites de partage illégal soient retirés, sans censure appliquée à un autre contenu, suite à une erreur. Et puisque le risque zéro n'existe pas, le moteur de recherche préfère compter sur les signalements des utilisateurs, avec envoi d'une notice d'infraction.

 

Les préoccupations de News Corp vont de pair avec la diffusion de la série Game of Thrones, succès mondial... des sites torrent. News Corp a rendu le show visible sur la chaîne payante Foxtel, mais les résultats ne sont visiblement pas à la hauteur : « Nous avons rendu Game of Thrones disponible à un prix juste sur Foxtel, mais la série est toujours aussi téléchargée illégalement », se désole Richard Freudenstein, directeur exécutif du réseau TV.

 

Ce qu'il oublie de préciser, c'est que chaque épisode coûte 50 $ australiens (35 € environ), soit un investissement conséquent pour profiter de la dernière saison de GoT. Malgré tout, la progression espérée de Foxtel est estimée à 30 % de la population comme utilisateur, d'ici 8 à 12 mois. Mais News Corp prend garde à ses finances depuis l'acquisition de Harlequin, pour 448 millions $, en mai dernier.

 

Par ailleurs, le groupe possède également le groupe éditorial HarperCollins, qui publie, aux formats papier et numérique, la série de romans signée George R.R. Martin... Google, de son côté, a simplement incité le gouvernement australien à mettre en avant une plateforme gratuite et accessible de téléchargement légal, avec des prix compétitifs... Balle au centre.