Smashwords dézingue à tout va au nom de l'autoédition

Clément Solym - 27.07.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - autoédition - Smashwords - Mark Coker


 Il est logique de défendre son pré carré, mais Mark Coker, le PDG de Smashwords, dispose tout de même d'arguments assez puissants. Selon lui, l'auteur indépendant a tout intérêt à le rester, et à faire confiance à des plateformes où l'autonomie est reine (comprendre : Smashwords). Le PDG du site ne s'est pas non plus privé de clasher Pearson et son rachat d'Author Solutions, plateforme d'auto-édition. (voir notre actualitté)


 

RT Booklovers Convention Workshop

Mark Coker, avril 2012 (auteur : rtbookreviews)



La première partie de la charge de Mark Coker est directement dirigée vers l'édition traditionnelle : le PDG compare les courbes des ventes des livres numériques disponibles pour 2,99 $ à ceux qui s'échangent pour 6,99 $ : les premiers, à l'heure des comptes, gagneraient 4 fois plus de royalties que les seconds. (voir les 71 diaporamas ci-dessous)

 

Le pape de l'auto-édition n'est pas tendre avec Authors Solutions, qui concentre la totalité de son activité dans le livre papier : pour lui, « Authors Solutions est l'une de ces sociétés qui portent bien haut le V de vanité. Authors Solutions gagne environ 2/3 de ses revenus en vendant des services et des livres aux auteurs, et non en vendant des livres aux lecteurs ».

 

On pourrait croire que Coker est juste un peu aigri de voir qu'un concurrent potentiel (bien qu'Authors Solutions, rappelons-le, ne se consacre qu'au papier) attire le groupe Pearson, mais il n'est pas le seul à avoir critiqué le rachat : « Malheureusement, beaucoup de gens cherchent de l'aide, sont mal informés, n'ont pas la patience de chercher les meilleures options, et signent donc un gros chèque à quiconque pourrait leur ôter ce mal de crâne » écrit ainsi Jane Fieldman, ancienne éditrice de Writer's Digest.

 

Par ailleurs, notons pour le plaisir que J.A. Konrath, l'auteur de SF supporter notable d'Amazon et de son programme d'auto-édition, a violemment vilipendé le nouveau programme de Penguin, qui permet de transformer un manuscrit en un livre papier ou numérique : 30 % de royalties conservées par la plateforme, voilà qui l'« a fait vomir dans [s]a bouche ».

 

Vraiment pas de langue de bois, ces auteurs indés.