Sony : Une solution DRM pour la vente d'ebooks d'occasion

Julien Helmlinger - 30.10.2014

Lecture numérique - Acteurs numériques - Sony - DRM - Ebooks d'occasion


Les scandales d'espionnage et de fuites de données personnelles semblent précipiter la fin des DRM aux yeux de certains observateurs. La firme Sony a, quant à elle, donné l'impression de prendre ses distances avec le marché du livre numérique cette année. Malgré tout, les services d'innovation technologique de Sony DADC plancheraient actuellement sur une nouvelle solution de verrou numérique, destinée à permettre le commerce d'ebooks d'occasion.

 

The iPad is iBad for freedom

CC by 2.0 par Massimo Barbieri 

 

 

Sony DADC, pour Digital Audio Disc Corporation, est un fabricant de supports physiques comme les CD et DVD, notamment, faisant partie du réseau mondial de la multinationale nippone. Par ailleurs, la structure développe également des solutions DRM et autres technologies connexes. Mais, depuis peu, elle aurait tourné son regard vers la lecture numérique.

 

Pour l'heure peu d'informations sont dévoilées quant à ce projet de verrous adaptés au commerce d'ebooks d'occasion. Mais l'on sait néanmoins que la solution en développement doit permettre au lecteur/revendeur de transférer un livre numérique à un usager de seconde main, tout en perdant son propre accès au titre dans le processus.

 

Un projet basé sur le travail du groupe de développement de solutions DRM Marlin (voir notre actualitté), peu présent sur le marché livresque, mais dans lequel Sony a investi depuis plusieurs années.

 

Cette nouvelle solution proposée par Sony est annoncée pour bientôt, d'ici 3 à 6 mois, et de premiers contrats auraient déjà été signés avec des acteurs de l'édition. Cependant, la mesure dans laquelle les lecteurs pourront revendre leurs lectures usagées reste floue à ce jour.

 

En effet, la question de la légalité du commerce de fichiers d'occasion est encore à l'étude des tribunaux et autres législateurs, en Europe comme ailleurs. Ensuite, il s'agira encore de convaincre les maisons d'édition ainsi que les commerçants au détail.

 

Pour exemple, l'Association des éditeurs néerlandais (NUV) avait porté plainte, mi-septembre, contre la société Tom Kabinet, proposant un service de vente d'ebooks d'occasion dans le pays. « La situation d'infraction au copyright est toujours de mise, et nous voulons mettre un terme à cet état de fait », expliquait Michiel Kramer, avocat général de l'association. L'appel, dont le contenu n'a pas été dévoilé, était signé par le NUV et le GAU, le groupement général des éditeurs.

 

Dans l'Union européenne, les différents pays sont partagés sur la revente de livres numériques : si les Pays-Bas l'ont — temporairement, du moins — jugée légale, l'Allemagne assurait fin août qu'elle était bien illégale. La Haute Cour régionale de Hamm avait rejeté une plainte de la Fédération allemande des Consommateurs, qui réclamait le droit de revendre les fichiers numériques, au même titre que les ouvrages imprimés.

 

Jusqu'à ce jour, le marché du livre numérique reste très largement dominé par les tant décriés DRM Adobe, mais des firmes comme Kobo, Google ou encore Apple utilisent leurs propres alternatives. La donne pourrait changer ? « La seule raison d'utiliser des DRM, c'est que vos clients veulent faire quelque chose, et que vous ne voulez pas qu'ils le fassent. Si quelqu'un peut leur offrir un outil qui fait les choses que vous détestez et qu'ils aiment, ils vont l'acheter. Et votre DRM disparaît », expliquait dernièrement Cory Doctorow