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Steve Jobs décidé à soumettre Amazon et Kindle aux lois de l’App Store

Nicolas Gary - 31.07.2020

Lecture numérique - Législation - Steve Jobs iOS - ventes ebooks applications - Amazon Apple ebooks


Quand le parlement américain prend les questions de la concurrence à bras le corps, les coups fusent. Amazon, Apple, Facebook et Google, les fameux GAFA font l’objet d’une instruction antitrust. Leur toute-puissance dans l’univers numérique inquiète, et les documents révélés montrent combien allaient bon train les machinations et rapports de force.

Steve Jobs with iPhone at D5
 

Le directeur marketing Phil Schiller écrivait en novembre 2010 à Eddy Cue, responsable internet et au directeur marketing produit, Greg Joswiak. Quelques mois après le lancement du premier iPad où tout le monde voulait être, on s’interrogeait chez Apple sur l’utilisation de l’application Kindle dans l’environnement iOS.

Avec cette conclusion que, dans la communication d’Amazon, grâce à cette application, les ebooks étaient lisibles tout aussi bien sur iPhone que sur smartphone Android. Pas vraiment du goût d’Apple qui a toujours, du temps de Jobs, vanté l’unicité de ses produits.

Mais justement, Jobs, décédé le 5 octobre 2011, répondait avec ferveur : « Il est temps pour Amazon d’accepter de se servir de notre mécanisme de paiement ou de se retirer. » Comprendre : de quitter l’App Store. En effet, Apple n’avait à l’époque pas encore imposé le modèle d’In-App Purchase, par lequel toute vente réalisée dans les applications était ponctionnée de 30 % de commission.



 
Ce n’est qu’en février 2011 que Sony fut la première victime de ce changement radical de politique commerciale — ce qui entraîna la chute de la marque, dans son volet lecture numérique. 
 

La garde meurt mais ne se rend pas


En novembre 2010, Jobs pressentait pourtant que ce modèle de paiement devrait être généralisé, « de manière uniforme, sauf pour les abonnements existant (mais en l’appliquant à tous les nouveaux entrants) ». Autrement dit, se soumettre à la volonté de la firme de Cupertino ou dégager promptement de sa boutique applicative.

Quelques mois plus tard, en février 2011, Eddy Cue avait présenté les nouvelles modalités de cette taxation sur les ventes dans les applications. C’était quelques jours avant l’annonce officielle, et Jobs en remettait une couche. « Je pense que tout cela est assez simple : iBooks sera l’unique librairie pour les appareils iOS. Nous devons garder la tête haute. On peut lire des livres achetés ailleurs, mais pas acheter/louer/s’abonner sur iOS sans verser ce qui nous est dû — ce que nous reconnaissons comme prohibitif pour beaucoup de choses. »



 
Quelques jours plus tard, Sony voyait son application-librairie refusée et d’autres libraires décidaient alors de se confirmer aux règles… en ne permettant pas autre chose que la lecture dans leur application.

Depuis, il n’est toujours pas possible d’acheter des ebooks Kobo ou Amazon à travers l’application iOS… Et Jeff Bezos fut amplement vengé quand, des années plus tard, Apple fut condamné pour entente sur le prix de vente des livres numériques. 


via The Verge


photo David Geller CC BY 2.0


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