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Steve Jobs : démontrer la supériorité d'Apple sur Android

Nicolas Gary - 24.08.2013

Lecture numérique - Législation - prix des ebooks - Steve Jobs - In-App Purchase


Le Ministère de la Justice vient de réviser sa copie, et propose un règlement légèrement retouché à Apple, dans le cadre du procès qui a reconnu Apple coupable d'entente sur le prix des ebooks. Sur le fond, pas grand-chose ne change, en regard des propositions formulées en début de mois. Exception faite que le DoJ vient de produire un email de Steve Jobs comme pièce à conviction supplémentaire. Dans ce dernier, le patron d'Apple semble réellement pris en flagrant délit « de comportement anticoncurrentiel », pointe le DoJ. 

 

 

 

 

Dire que la Pomme vient de prendre un coup de chaud frise l'euphémisme : l'email révélé présente un échange entre Jobs et Phil Schiller, directeur du marketing. On touche au coeur des modifications qui sont survenues dans le modèle économique des applications passant par iOS. Dans les faits, Apple a imposé à chacun de recourir au système In-App Purchase, dès lors qu'il s'agissait de réaliser une vente à l'intérieur de l'application. 

 

L'In-App Purchase avait frappé pour la première fois Sony, qui avait lancé son application ebookstore, en février 2011. Celle-ci fut refusée, au grand étonnement de tous : Barnes & Noble, Amazon, et d'autres, avaient déjà leur propre ebookstore pour iOS. Mais voilà : Apple avait renforcé les règles d'utilisation, montrant que désormais, la vente d'ebooks allait changer, et Sony essuyait les plâtres. En somme, les développeurs allaient avoir l'obligation d'introduire dans leurs applis le système de paiement d'Apple. La communication avait rapidement suivi : à compter du 31 mars, tous les éditeurs d'applications allaient devoir se plier à cette nouvelle règle.  

 

Dans son email à Jobs, Schiller explique le problème clairement : quand on passe par l'application Kindle, il est possible d'acheter des livres numériques, et comme Amazon avait développé des applications pour tous les supports, il était possible d'acheter via iOS, puis de lire sur Android. Un procédé qui ne réjouit pas vraiment Schiller. Mais surtout, « le message qui ne peut pas être raté, est qu'il est facile de passer de l'iPhone à Android », ajoute Schiller. 

 

 

"S'ils veulent nous comparer à Android, contraignons-les à utiliser notre outil de paiement, largement supérieur." Steve Jobs

 

 

Jobs n'y va pas par quatre chemins : d'abord, imposer le système d'achat d'Apple pour les applications qui vendent des livres numériques et des magazines. Ensuite : « S'ils veulent nous comparer à Android, contraignons-les à utiliser notre outil de paiement, largement supérieur. » Pour le DoJ, c'est la preuve indiscutable qu'Apple a modifié les règles de la concurrence, et imposer en outre aux acteurs de lui verser un pourcentage supplémentaire sur leurs ventes. 

 

Apple s'était déjà défendu de ce point, en expliquant qu'il était possible d'acheter des produits physiques depuis une application, comme une paire de chaussures, et que la firme ne percevait aucune somme sur ces ventes. Et les vendeurs ne passaient pas par le système de paiement d'Apple. 

 

Le DoJ souhaite porter le fer plus profondément sur cette question de l'achat dans les applis, attendu qu'elles s'appliquent à tous types de contenus numériques. Selon les avocats, ces mesures ont été mises en place « pour rendre plus difficile aux consommateurs qui utilisent les appareils Apple de comparer les prix des ebooks chez différents détaillants, et [empêcher] les consommateurs à acheter des ebooks chez d'autres revendeurs, à partir des appareils Apple ». 

 

Et ça, c'est mal. Et l'email de Jobs semble abonder dans le sens de cette hypothèse. Raison pour laquelle la nouvelle proposition de règlement insiste plus particulièrement sur ce point, d'autant plus que l'In-App Purchase, outil de paiement d'Apple, est imposé pour tous les autres contenus culturels numériques. De la sorte, d'autres secteurs que le livre numérique sont concernés, faussant la concurrence que ce soit dans le cinéma, la musique ou les séries télévisées.

 

Lors de la présentation du premier règlement, la firme avait rejeté en bloc l'offre du DoJ, évoquant une « intrusion draconienne et répressive dans le business d'Apple, déraisonnable et disproportionnée ». 

 

via GigaOm

 

 

  US v Apple Revised Proposed Remedy

 

 

  US v Apple Revised Proposed Remedy Declaration