Stockage de données atomique : tous les livres du monde sur un timbre...

Clément Solym - 01.08.2016

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Un petit pas pour l’homme, et un grand pas vers... l’infiniment petit. Des chercheurs de l’université néerlandaise Delft à Kavli sont parvenus à produire le plus petit disque dur au monde. Leur méthode stockage et de lecture des données est véritablement révolutionnaire : « En théorie, cette densité de stockage permettrait à tous les livres jamais écrits par des humains d’être conservés sur un timbre poste », explique Sander Otte, le responsable.

 

Hard Drive Repair

William Warby, CC BY SA 2.0

 

 

Dans leur approche, ces joyeux farfelus ont réussi à stocker des données dans les atomes de chlore d’une surface de cuivre. Et pour prolonger le plaisir de l’image, il faudrait comprendre qu’avec cette solution, tous les livres de la Bibliothèque du Congrès américain pourraient rentrer dans un tube de 100 microns. Autrement dit, le diamètre moyen d’un cheveu. 

 

Quand on répète que les scientifiques aiment les couper en quatre...

 

Leur performance est d’avoir réussi à une densité de stockage de 500 To par pouce carré. Ce qui est 500 fois supérieur à ce que le meilleur disque dur contemporain est en mesure de produire. Pour ce faire, il est nécessaire de rappeler que les ordinateurs fonctionnent suivant un mode binaire : 1 ou 0, ouvert ou fermé. Précisément comme un interrupteur. 

 

Avec la méthode des scientifiques néerlandais, on conserve le même principe, mais avec une approche différente. Chaque octet de donnée équivaut à la position d’un atome de chlore, donc. Ces derniers ont été déplacés, littéralement, pour adopter une position haute, par-dessus un vide (pour obtenir 1) et inversement.

 

Démonstration : 

 

 

 

« On pourrait le comparer à un puzzle coulissant. Chaque octet se compose de deux positions sur une surface d’atomes de cuivres et un atome de chlore que l’on peut glisser dans les deux sens, entre ces positions », poursuit Otte. 

 

Petit couac – léger, vraiment, mais de taille à refroidir les ardeurs – les essais réalisés ne permettent une stabilité que de 40 heures, à la température de - 196 °C, ou 77 kelvins. C’est assez frais. 

 

Le dispositif que les chercheurs sont parvenus à réaliser est à proprement parler minuscule, et les conditions de sa réalisation enflammeront l’imaginaire du Geek moyen. Par ailleurs, l’écriture sur leur petit bloc atomique prend environ 1 minute, et la réécriture près de 2 minutes. Bien entendu, l’outil peut être perfectionné, mais l’aventure de la mémoire atomique est en marche. 

 

 

 

Étant donné les contraintes, le stockage réel de données à l’échelle atomique n’est pas tout à fait pour demain. Toutefois, sa plus grande qualité est d’être plus stable que les solutions jusqu’à lors expérimentées, qui consistent à utiliser des atomes libres. En effet, l’assemblage actuel serait moins fragile, et pour le démontrer, c’est la conférence du physicien Richard Feynman qui a été codé sur une surface de 10 nanomètres de large, There’s plenty of room at the bottom.

 

via Nature