Storit, une application pour conserver l'historique de ses lectures

Antoine Oury - 10.06.2016

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Grand lecteur ou à l'étude d'un vaste sujet, il arrive parfois que l'on ne remette plus la main sur tel ou tel titre de livre : l'application Storit, créée par Patrice Miconi et la société québecoise Wasappli, propose de combler ses trous de mémoire. L'outil permet en effet de créer des étagères virtuelles dans lesquelles classer ses livres lus, et ainsi conseiller ses amis au passage.

 

Patrice Miconi (Storit) - Congrès ABF 2016 à Clermont-Ferrand

Patrice Miconi au 62e Congrès de l'ABF, à Clermont-Ferrand (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

« Lecteur amateur » comme il se qualifie, Patrice Miconi, entrepreneur dans le secteur des télécommunications, a eu l'idée de Storit en éprouvant lui-même la frustration de ne pas se souvenir de tel ou tel titre d'ouvrage. Son application gratuite, Storit, disponible sur iOS et Android, « permet d'archiver son historique de lecture », explique-t-il. 

 

Après inscription par email ou compte Facebook, Storit fonctionne très simplement : un scan de code-barre ou l'entrée du code ISBN suffit pour ajouter un livre. On pourra prendre soin d'ajouter une date de lecture, afin de situer le titre dans sa vie de lecteur et le retrouver plus facilement ensuite. Évidemment, le livre peut être noté, commenté et partagé sur les réseaux sociaux ou directement sur Storit, si l'utilisateur le décide.

 

Si elle est gratuite au téléchargement, l'application repose toutefois sur un modèle d'achats in-app, pour la version iOS du moins : les 20 premiers emplacements de livres sont gratuits, puis l'utilisateur doit acheter les suivants, à 0,99 € les 20 emplacements, ou plus selon un tarif dégressif. La moyenne des utilisateurs reste sous la barre des 20 livres, mais les suivants, en payant, « me permettent de payer l'hébergement iTunes et le stockage de la base de données », explique Patrice Miconi. À l'avenir, l'application pourrait devenir payante, et laisser un nombre illimité d'emplacements, selon les souhaits de certains utilisateurs.

 

Un coup d'oeil permanent sur ses étagères de livres

 

L'application propose d'autres fonctionnalités, notamment les statistiques de l'utilisateur (nombre de livres lus, temps passé...) et celle de l'application en général (le livre le plus ajouté était ainsi Nos étoiles contraires, de John Green). Pour le reste, il est possible de rendre ses étagères publiques ou non, mais aussi de suivre certaines étagères d'utilisateurs, si ces derniers les ont rendues publiques.

 

Si l'application propose un fil d'actualité, Patrice Miconi précise qu'elle « n'est pas un réseau social complet, car cela ne vaut pas le coup pour le moment, avec 3500 utilisateurs enregistrés » : il n'y a ainsi pas de possibilités d'échanges entre les inscrits.

 

Storit utilise la base de données Amazon, « la plus large, et gratuite, ce qui me permet de proposer l'application gratuitement » pour enregistrer les livres, et propose une fonctionnalité d'achat. Cette dernière n'est toutefois « pas un moyen de monétiser l'application : je touche 10 %, au mieux, sur les ventes, et les actes d'achat ne sont pas nombreux sur Storit : on enregistre ses lectures, on n'en achète pas vraiment ». Si Patrice Miconi l'a ajouté, c'est avant tout parce qu'elle était fournie avec la base de données Amazon.

 

 

Et bien sûr, « si des libraires ont une base de données et une centrale d'achat en ligne, nous pouvons configurer l'appli pour leurs livres et envoyer l'acte d'achat vers leur centrale d'achat ». L'application Storit, lancée il y a un an, a quelques versions derrière elle et Patrice Miconi envisage d'améliorer le fil d'actualité dans les prochaines.

 

« Pour l'instant, les éditeurs ne m'ont pas approché », explique le créateur de Storit, qui envisage, si la base de données de son application prend suffisamment d'ampleur, de la proposer à des sociétés comme Facebook ou Google.

 

S'il est présent au Congrès de l'Association des Bibliothécaires de France, c'est parce que son application peut être utile aux usagers qui souhaitent conserver un historique de leurs emprunts en bibliothèque. « Puisque les bibliothécaires ne peuvent pas leur fournir en vertu de la loi, les usagers pourront eux-mêmes se la constituer », explique-t-il. L'outil pourrait également leur permettre de mettre en avant les acquisitions, mais Patrice Miconi estime que les professionnels « disposent déjà d'outils pour le faire ».