Sur papier, une 'topographie' du texte plus efficace qu'à l'écran

Antoine Oury - 31.12.2014

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Le journaliste scientifique Ferris Jabr est formel : lire un ouvrage, ou même un texte court, sur écran, c'est prendre le risque de ne pas se souvenir de grand-chose. Dans son article « Pourquoi le cerveau préfère le papier », il compile différentes recherches menées sur le sujet, et affirme que la page physique constitue une topographie du texte, très utile à la mémoire.

 

 

Lecteur ebook + livres papier

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Dans la revue Scientific American, il se livre à une comparaison simple : « Tout comme nous nous souviendrions d'une ferme rouge avant de rentrer dans la forêt, au début d'un parcours de randonnée, nous nous souvenons du moment où Mr. Darcy éconduit Elizabeth Bennett, dans le coin inférieur gauche de la page de gauche d'un chapitre précédent du Orgueil et Préjugés de Jane Austen. »

 

D'après Jabr, l'affichage numérique d'un texte, plus malléable qu'une page imprimée (changement de police, de taille de caractères, absence d'indication physique de la progression dans le livre...) est un obstacle à la mémorisation automatique de certains passages. 

 

En août dernier, Anne Mangen, du Centre de lecture de l'Université de Stavanger, avait mené l'expérience avec 72 sujets, ses propres élèves. Ces derniers étaient invités à lire deux textes, un factuel et l'autre de fiction, sur deux supports différents selon les groupes, en papier ou sur un écran d'ordinateur. Les résultats d'un test portant sur les éléments des deux textes étaient sans appel : la lecture sur papier semble plus propice à la mémorisation.

 

Ferris Jabr note toutefois, pour nuancer, que les livres numériques pourraient eux aussi disposer de points d'accroche dans les textes, notamment avec les contenus multimédias qui peuvent y être ajoutés. Dans tous les cas, ce type d'étude est contestable, dans la mesure où les sujets interrogés sont conditionnés à l'usage du papier, et peu, finalement, à celui du numérique.

 

Récemment, une autre recherche montrait que la luminosité des écrans perturbait le cycle du sommeil.

 

(via Christian Science Monitor)