Table ronde : opérateurs de formats et formats d'opérateurs

Clément Solym - 18.03.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - opérateurs de formats - epub - numérisation


Entrée dans le top 3 des fournisseurs de liseuses en moins de 26 mois, racheté il y a peu par le géant Rakuten du commerce en ligne, sans oublier les dizaines de milliers de liseuses écoulées par le réseau Fnac. D'emblée, Sébastien Bago, merchandiser pour Kobo France, détaille par le menu la percée de la liseuse canadienne en pleine campagne publicitaire du Kindle. Et se fait fort d'être le principal biais de lecture sociabilisante. Un gadget pour certains, mais qui repose sur ce que Bago appelle « une philosophie de l'ouverture pour la meilleure lecture possible » grâce au format standard ». Quand est prononcé le mot « EPUB » les sourires se font sonores en direction d'Amazon.

 

                                                  (Sébastien Bago et Sofien Askri)

 

Représenté par Sofien Askri, responsable technique des contenus, le géant californien justifie le format .mobi par l'absence d'une standardisation à la sortie du premier Kindle. Pour le reste, on déroule un argumentaire aussi massif, mais qui ne bénéficie que du vague parfum libertaire du concurrent canadien. L'occasion est donnée d'expliquer les mises à jour du KF8, « principale amélioration d'importance depuis 4 ans » et qui doit « tend[re] à supplanter le mobi à terme », renouvelant tout le parc de fichiers : Support du langage HTML5 et CSS3, de tableaux et images SVG, insertion de polices embarquées, lettrines, textes à puces. En tout 150 fonctionnalités sans compter l'arrivée pour la publication commerciale de KindleGen, Kindle Preview et KindlePlugIn en version bêta.

 

« Faire évoluer l'epub »

 

 

Du côté de Kobo, Bago insiste sur le retour d'expérience fait auprès des éditeurs ou directement avec la Fnac et son implication auprès de l'IDPF. Et de confesser « les erreurs d'aiguillage » concernant le Kobo Vox.

 

Troisième institution du numérique de cette table ronde, Google, au travers de son technical account manager. Saad Ouchkir présente le processus de vérification des valeurs du fichier par epubCheck avant mise en ligne. Pour le workflow, la procédure est simple et automatique : envoi des métadonnées sur serveur sous Onix « mais aussi à titre exceptionnel des PDF », avant ingestion des livres. Et ajoute l'engagement du moteur de recherche dans l'IDPF et la nécessité « de faire évoluer l'epub ».

 

                                                         (de g. à d. Bago, Askri, Ouchkir)

 

L'effort a également été fait pour la lecture depuis le cloud, les iOS et, maison oblige, Android.

Dans ce processus de numérisation, Amazon invoque le refus de créer des failles dans le défaut d'implantation de Java Script. « Pas impensable à l'avenir », nous lâche-t-on.

 

Pour l'epub 3, cela se fera par étape : fixed layout, audio et enfin vidéo, comme pour le KF8. Ou pas tout à fait. Dans le public, quelques-uns s'agacent du palliatif de maquette fixe par Amazon. « C'est un faux fixed layout pour l'instant. Ça ne rend pas sur la taille de l'écran », nous témoigne-t-on.

 

 

« Faux fixed layout » et risque d'isolement.

 

 

Question interopérabilité, une nouvelle passe d'armes s'effectue à propos des bibliothèques personnelles et de leur gestion. « Une bonne chose du point de vue de l'utilisateur selon Google. » Kobo enfonce le clou en parlant de « développement primordial ».

 

« À long terme Amazon ne risque-t-il pas de s'isoler ? », demande naturellement quelqu'un dans le public : Askri pour Google joue un peu et propose de reformuler la question, avant d'asséner un non catégorique. Et de disserter sur la documentation fournie avec le Kindle dans le but de convertir son ebook pour les autres supports. On le sentira plus réservé quand on lui demandera une idée de sortie du KF8. « Très prochainement », répond-il. Et Saad Ouchkir d'en faire de même pour le Google Play.

 

La table ronde aura également permis de de soulever l'absence de retour de fichiers pour les contrôles effectués par l'éditeur. Mais rien, pour l'heure, concernant un modèle de justification à la manière d'un BAT numérique.